‹ Bustes & masquesChapitre 53 sur 84 · HORACE LO U RS · texte numérisé non relu

HORACE LO U RS

d’écrivains qui , si on les grattait un peu , laisseraient affleurer le sceptique , le philosophe pyrrhonien ! Le rédacteur en chef du Citoyen, lui, ne sait pas ce que sont les transactions ni les tempéraments en matière de doctrines et de programme. Il est ferme et inébranlable en sa foi, une foi qui, chose rare, ne s’affirme pas seulement dans des articles de journaux mais encore dans les actes. En effet, il n’est personne, dans la presse qu’on est convenu d’appeler bien pensante, qui n’ait des moeurs — disons le mot — aussi correctes et aussi sévères. Ce n’est pas, selon nous, un mince éloge pour le jeune écrivain du Citoyen, un écrivain qui, en maintes circonstances, a donné des preuves d’une rare vigueur de polémiste. Il faut avoir du talent — quoi qu’on en ait — pour défendre une cause désespérée et pour la défendre contre une foule d’adversaires ardents et infatigables. Quant à nous, nous avons souvent admiré les passes d’armes du Citoyen et des journaux républicains, passes d’armes dans lesquelles Horace Lours n’était pas toujours le moins délié ni le moins alerte. La presse cléricale possède en lui un brave et solide champion. Et nous avons l’habitude, quelle que soit leur cocarde, de saluer les caractères partout où nous les trouvons. C’est pourquoi nous tirons volontiers notre chapeau au jeune rédacteur en chef du Citoyen, bien qu’une distance assez grande sépare nos deux drapeaux, bien que nous ne poursuivions ni le même idéal ni les mêmes conquêtes.

Page 1