EMILE A D V I N E N T
vivant, actuel, intéressant. Nous n’avons pas besoin de rappeler qu’à ce métier bien des écrivains, même très heureusement doués, se sont vidés comme de simples lapins et ont dû se hâter de prendre leur retraite. Emile Advinent, lui, a, pendant plusieurs années, accompli ce merveilleux tour de force qui consiste à publier non seulement un article tous les jours, mais encore à y déployer, sans jamais se lasser, de remarquables qualités de vivacité, de verve et d’entrain. Le succès, il est vrai, vint récompenser le jeune journaliste. Les lecteurs ne tardèrent pas à goûter cet esprit alerte, judicieux . sachant constamment donner la note vraie, frappée au coin du lbon sens et dont maintes chroniques rappelaient presque a première manière d’Alphonse Karr. S’attaquer, en effet, aux préjugés, sous une forme ironique, joyeusement sarcastique, combattre les jugements et les opinions extrêmes, les exagérations dans tous les camps jet ramener ^es excessifs et les passionnés vers une plus saine appréciation des hommes et des choses, tel est le programme que s’est imposé le rédacteur du Petit Marseillais. Aujourd’hui sa collaboration à ce journal est peut-être moins active, mais on sait que ce n’est point par défaillance. Les informations télégraphiques, de plus en plus envahissantes, ne laissent presque plus de place à ses articles. Ajoutons que chez Emile Advinent le journaliste politique est doublé d’un littérateur. Nous connaissons de lui des descriptions et des fantaisies qui sont des pages pleines de finesse, de couleur et d’observation.