JOSEPH MATHIEU
on ne peut le prendre en défaut sur rien. Il vous fera l’histoire de la bougie à Marseille ; il vous dira combien il est entré de bateaux de morues dans le port, sous la Monarchie de juillet, et combien il en arrive aujourd’hui, sous la présidence Grévy. Le statisticien, chez lui, est loin d’être ennuyeux et rebutant. Non, il a réussi, grâce à la clarté et même à l’agrément de son style, à se créer de nombreux et fidèles lecteurs. Le bagage de Joseph Mathieu est déjà considérable. Indépendamment des livres, des brochures qu’il a publiés, il a donné et donne encore une foule d’articles au Journal de Marseille, au Sémaphore et au "Petit Marseillais. Mais un côté charmant de Joseph Mathieu, c’est le côté intime. Il a gardé la joyeuse humeur, l’esprit gaulois de nos vieux Provençaux, ne reculant pas au besoin devant l’anecdote salée, le conte court-vêtu. Peu de convives, dans un dîner, dans une petite réunion, sont aussi gais, aussi entraînants. Il faut pourtant se mettre en garde contre ses calembours. Car, en cette matière, c’est un récidiviste endurci.
ALBERT PERRIMET
de léché ni de calamistré dans cette tête un âpre, aux cheveux taillés en brosse, aux sourcils touffus, à la moustache roide et épaisse. Le regard pourtant est doux et riant, et on note souvent une grande affabilité et une bonne humeur toute communicative chez le judicieux rédacteur du Masque. Il y a déjà beaux jours qu’Albert Perrimet étudie et analyse, dans la petite presse, le mouvement dramatique de notre ville. On ferait de tous ses articles une histoire intéressante de nos scènes
ALBERT PERKIMET
locales pendant ces dix ou quinze dernières années. Son jugement est toujours impartial, mesuré et des plus sagaces. Il est rare, en effet, que son diagnostic de critique soit en défaut, et chacun se plaît à rendre hommage à sa compétence, qui est réelle. D’autres, moins modestes et plus remuants que lui, auraient depuis longtemps brigué le feuilleton d’un grand journal. Perrimet se contente d’exercer, sans tapage, sa juridiction dans une petite feuille hebdomadaire, où il aura eu le mérite de se créer une clientèle de lecteurs fidèles et intelligents Le critique, chez notre confrère, se double parfois d’un vaudevilliste. Les habitués du Gymnase n’ont pas oublié ces joyeuses pièces qui s’appellent l'Habit bleu, Une Femme qui se lance, Carambolages, etc., pièces lestement troussées et où l’on démêle une véritable expérience du théâtre. Mais il n’y a pas qu’un critique et un vaudevilliste dans l’auteur du Premier Mari. On y trouve aussi un aimable fantaisiste, qui a caressé plus d'un tableau de genre, qui a publié plus d’une étude finement observée. Albert Perrimet — nous ne croyons pas que l’on soit tenté de nous contredire — compte parmi les membres les plus distingués de notre petite presse actuelle.