FORTUNÉ VIGUIER
et précipitant le pas, c’est Fortuné Viguier. Il va s’installer sur les bords du Jarret — lesquels, quoi qu’on en ait, sont par moments d’une si curieuse gaiété et d’une si attirante poésie — et nous revient avec ce tableau — le Jarret aux Chartreux — qui devait le répandre rapidement dans le monde des artistes et de la critique et lui valoir de légitimes récompenses dans un grand nombre d’expositions de Province. Plus tard, il expose des études de terrain dans les environs de Marseille, des bords de l’Huveaune, etc., où se se retrouvent ses meilleures qualités. Peu de peintres savent, comme Viguier, démêler le côté intime, familier de notre nature provençale. Il y a en lui un paysagiste simple, d’une naïveté charmante, d’un sentiment toujours juste et pénétrant. Aussi s’est-il acquis une excellente et légitime notoriété parmi la jeune école marseillaise. Un dernier détail : Fortuné Viguier est un bibliophile et un lettré d’un goût très fin.