B ROCHIER
^rand, le dos arrondi, la tête penchée, des yeux ^S^d’une intelligente et curieuse laideur, la moustache pendante, la voix faible, douce, la voix d’un ecclésiastique parlant à travers le judas d’un confessional. Brochier doit peut-être à ces dehors d’une si pauvre séduction de n’avoir pas conquis plus tôt sa place au soleil. Car, dans le personnel démocratique qui bataillait contre l’Empire, Brochier n’était pas le moins habile ni le moins militant. Franc-maçon, membre de plusieurs comités électoraux, collaborateur de divers journaux où il publiait de nombreux articles politiques et économiques, Brochier combattait chaque jour le bon combat avec autant d’ardeur que de résolution. Mais, après la révolution du 4 Septembre, alors que beaucoup de ses anciens compagnons de lutte devenaient députés, conseillers généraux, lui,