CASELLA
saule pleureur sur son front inspiré. Casella est, de l’aveu des dilettanti les plus ditficiles, un artiste de grand talent et nous rappelle parfois Boccherini, le célèbre violoncelliste italien. Tous ceux qui l’ont entendu, surtout dans les séances de musique de chambre, sont unanimes à vanter la suavité et la variété de son jeu, son habileté et sa verve de virtuose. Mais il n’est pas d’artiste plus capricieux, plus femme en quelque sorte, que Casella. C’est ainsi qu’il a su élever certaines maladies pour rire — telles que la migraine — à la hauteur d’une catastrophe. Quand le violoncelliste souffre de cette affection, on apprend qu’il s’est alité tout comme une petite-maîtresse. Au Cercle Artistique notamment, les migraines de Casella ne rencontrent guère que des sceptiques. Si fantasque qu’il soit, le jeune musicien n’en est pas moins toujours disposé à prêter son concours à une œuvre de charité, au concert d’un camarade, et on peut, en somme, dire de lui que c’est une manière de bourru bienfaisant.