FÉLIX GRANET
|ous l’avons connu au Lycée. Chaque année, à "l’époque de la distribution des prix, la cour du vieux bâtiment universitaire retentissait de son nom. — Prix d’honneur de la Ville de Marseille : Granel (Félix) d’Arles ( Bouches-du-Rhône ), interne. — Premier prix de dissertation française : Granet (Félix) déjà nommé. — Premier prix d’histoire : Granet (Félix) trois fois nommé , etc., et, après chaque appel du jeune lauréat, la musique militaire exécutait, comme disent MM. les reporters, un de ses
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morceaux les plus entraînants. Serré dans sa tunique de lycéen, la physionomie souriante, il descendait lestement les gradins de l’estrade, couronné de lauriers et pouvant à peine retenir sous son bras la pile de volumes reliés et dorés sur tranches qui venaient de lui être décernés par Y Alma parais. Félix Granet était, en effet, un * fort en thème, » mais un fort en thème intelligent et qui, dans les solennités scolaires, rêvait déjà l’habit brodé du fonctionnaire et peut-être même le portefeuille du ministre. Il est rare que de solides et brillantes études, servies par un esprit très souple, très habile, ne conduisent pas au succès. Félix Granet en a fait l’heureuse expérience. Secrétaire du Conseil général, il eut l’occasion d’appeler l’attention sur sa manière nette, lucide, de résumer les travaux de cette Assemblée, et d’entrer dans les bonnes grâces de M. Labadié, alors tout puissant. Entre temps, il donna au journal la ‘Politique et à d’autres feuilles républicaines des articles très remarqués. S’il eût voulu rester dans la presse, Félix Granet, nous n’hésitons pas à le dire, fût devenu un polémiste de premier ordre. Il avait notamment le secret de l’entrefilet rapide, mordant, à l’emporte-pièce. Mais le journalisme n’est pas toujours un moyen de parvenir. Aussi se tourna-t-il du côté de l’administration et n’eut pas de peine à justifier les hautes protections qui ne tardèrent pas à l’appeler d’abord à une préfecture et ensuite à l’emploi de directeur du personnel au Ministère de l’intérieur. Rien n’est moins assuré malheureusement que le maintien d’un ministre et de ses