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Très tôt, il est utile de commencer les massages d’abord sur le membre sain puis en enlevant temporairement la valve intérieure du plâtre, sur la partie antérieure du membre opéré.
Surtout chez les sujets opérés pour une luxation non appuyée qui doivent être plus longtemps immobilisés, il y a intérêt dès la cinquième semaine, à mobiliser le genou en ouvrant à la partie postérieure de la jambe une large fenêtre. Cet entretien du tonus musculaire facilite considérablement la reprise de la marche qui a lieu de 6 à 10 semaines après l’intervention.
Habituellement, chez les enfants qui n’ont pas fait de poussée d’arthrite, la récupération fonctionnelle est étonnamment rapide. Elle est plus longue chez les adultes pour qui, 1l est nécessaire d’associer les séances de massage et de mécanothérapie. Le genou, s’il n’a pas été mobilisé tôt est plus difficile à récupérer que la hanche opérée et c’est lui qui est habituellement aux premières tentatives de marche le siège de douleur et d’hydarthrose légère. La hanche opérée doit être mobilisée avec prudence et méthode. Il paraît préférable de récupérer les mouvements dans l’ordre suivant : flexion, extension, abduction, adduction, enfin rotation.
Pour les adultes, chaque fois que la chose est possible
il y a intérêt de faire au moins 12 à 20 séances de
mécanothérapie au rythme de 2 à 3 séances par semaine car il paraît indéniable que la mécanothérapie concourre puissamment au bon résultat fonctionnel des opérés si elle est faite avec méthode et sous une surveillance avertie.
Il est fréquent d'observer au cours de la période d'adaptation fonctionnelle qui suit une butée pour luxation haute, l'apparition de douleurs sur la hanche opposée. Celles-ci sont en rapport avec la fatigue plus grande de la hanche saine dont le temps d’appui au cours de la marche est très augmenté pour soulager le côté opéré. Cependant des douleurs ont souvent une cause que nous avons signalée : la mauvaise orientation du cotyle sain, du fait de l’abaissement du bassin du côté luxé.
Il faut connaître cette subluxation opposée, en quelque sorte fonctionnelle, Quelques uns de nos malades ont été soulagés en quelques semaines par la simple compensation de longueur du côté luxé par une tâlonnette ou un liège dans la chaussure suivant l’importance du raccourcissement. Mais pour que l’amélioration soit réelle, il est indispensable d’avoir une compensation complète et même, du moins pour les premières semaines, une légère hypercorrection.
Enfin, chez les sujets ayant fait des poussées d’arthrite, dont les clichés radiographiques montrent des
lésions rhumatismales, il est abolument indispensable
de complèter l’action mécanique de la butée par un traitement dirigé contre l’arthrite.
Le repos joue certainement chez ces malades un rôle considérable, mais ils obtiennent souvent une amélioration surprenante par les agents physiques et surtout des cures hydrominérales.
Lorsque cette thérapeutique ne suffit pas à procurer une amélioration franche, nous faisons volontiers un forage du col à ciel fermé, guidés par la radioscopie, sous anesthésie locale. Cette intervention minime et de gravité nulle, ne rencontre aucune contre-indication et permet pariois d'obtenir la disparition complète des douleurs. Cet heureux résultat, s’observe surtout dans les cas où l’atteinte arthritique a une prédominance nettement fémorale.
Enfin, d’une façon générale, il nous paraît indispensable de suivre régulièrement nos opérés pendant les deux années qui suivent la butée. Ce laps de temp semble nécessaire pour une parfaite organisation des greffons en un butoir osseux, solide et efficace. Nous avons l'habitude de faire des contrôles radiologiques lorsque les circonstances nous le permettent à la sortie
du plâtre, trois mois puis six mois après l'intervention.