‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 1 sur 322 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Que la personne, la vie, l'œuvre et le génie de Byron aient exercé une réelle influence sur la poésie française et sur notre littérature en général pendant la période de romantisme ascendant ou déclinant qui va de 1815 environ à 1850, c'est ce qu'il suffit pour ne pas ignorer d'avoir seulement feuilleté les œuvres glorieuses ou obscures, éphémères ou durables, où l'esprit de ce temps a marqué son empreinte. Des deux grandes générations romantiques, celle qui, de 1820 à 1825, a fondé l'école nouvelle, et celle qui, en 1830 et après, a consacré de son adhésion le fait accompli et tiré des principes posés leurs extrêmes conséquences, ni la première ni la seconde n'ont marchandé leur admiration à l'auteur de Childe Harold, de Lara, de Manfred et de Don Juan. Si elles n'ont pas regardé l'homme tout à fait sous le même angle ni envisagé l'œuvre par la même face, elles n'ont pas varié dans l'hommage rendu au poète qui incarnait à leurs yeux éblouis le génie révolutionnaire et créateur du xixe siècle. Les écrivains les plus divers, les plus distants les uns des autres par les idées, par le caractère et par le talent, se sont rencontrés dans la célébration de ce culte commun. Tous, de Lamartine à Théophile Gautier, de Stendhal à Alfred de Musset, de Vigny à Théodore de Banville, d'Alexandre Dumas à George Sand, quand ils n'ont pas imité les attitudes de l'illustre Anglais, copié ses tirades, accueilli ses inspirations, ont du

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