Ibid., Page de roman, p
Petrns Borel rêve de chanter l'élégie au balcon d'un « manoir sombre etcarlovingiaque J » ; mais le plus souvent sa passion éclate en cris farouches, en grondements de fauve en furie :
ce Non, ce n'est plus assez, non, je voudrais ton corps,
Je le voudrais entier ! . . . Vainement tu me mords.
Point de cris, point de pleurs. — Monstre ! — Belle maîtresse ! ))
Rien que des pleurs de joie et des râles d'ivresse 2 !
On comprend que ce néo-romantisme effarouchât les fidèles de la première heure, les Leprévost et les Guttinguer, « ceux qui en 1824 s'étaient ralliés à Victor Hugo pour tant de belles odes et de jolies ballades, pour ses inspirations du moyen âge et du gothique, pour ses colères et ses anathèmes contre la bande noire 3 ». C'est sous le coup de quelque lecture de ce genre que Sainte-Beuve, qui pourtant n'était pas bégueule, écrivait en 1843 : « J'ose affirmer que Byron et de Sade ont été les deux plus grands inspirateurs de nos modernes, Ain affiché et visible, l'autre clandestin, — pas trop clandestin 4 ». Les Jeunes-France accélèrent le passage de la poésie romantique à la poésie réaliste et macabre. De Byron, ils nous acheminent à ce qu'il y aura de médiocre et de fâcheux dans Baudelaire.
Parallèlement à cette littérature d'ateliers, se développe aux environs de 1830 une littérature de salons, un romantisme mondain,.qui ne fait pas moins de ravages. A côté des rapins