‹ Byron et le romantisme français; essai sur la fortune et l'influence de l'œuvre de Byron en France de 1812 à 1850Chapitre 149 sur 322 · Ibid., Page de roman, p · texte numérisé non relu

Ibid., Page de roman, p

Petrns Borel rêve de chanter l'élégie au balcon d'un « manoir sombre etcarlovingiaque J » ; mais le plus souvent sa passion éclate en cris farouches, en grondements de fauve en furie :

ce Non, ce n'est plus assez, non, je voudrais ton corps,

Je le voudrais entier ! . . . Vainement tu me mords.

Point de cris, point de pleurs. — Monstre ! — Belle maîtresse ! ))

Rien que des pleurs de joie et des râles d'ivresse 2 !

On comprend que ce néo-romantisme effarouchât les fidèles de la première heure, les Leprévost et les Guttinguer, « ceux qui en 1824 s'étaient ralliés à Victor Hugo pour tant de belles odes et de jolies ballades, pour ses inspirations du moyen âge et du gothique, pour ses colères et ses anathèmes contre la bande noire 3 ». C'est sous le coup de quelque lecture de ce genre que Sainte-Beuve, qui pourtant n'était pas bégueule, écrivait en 1843 : « J'ose affirmer que Byron et de Sade ont été les deux plus grands inspirateurs de nos modernes, Ain affiché et visible, l'autre clandestin, — pas trop clandestin 4 ». Les Jeunes-France accélèrent le passage de la poésie romantique à la poésie réaliste et macabre. De Byron, ils nous acheminent à ce qu'il y aura de médiocre et de fâcheux dans Baudelaire.

Parallèlement à cette littérature d'ateliers, se développe aux environs de 1830 une littérature de salons, un romantisme mondain,.qui ne fait pas moins de ravages. A côté des rapins

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