‹ Byzance, grandeur et décadence; l'évolution de l'histoire byzantine, les causes de la grandeur de Byzance, le causes de sa décadence, la civilisation byzantine et son influence, l'heritage de ByzanceChapitre 18 sur 41 · CHAPITRE VII L'Asie force de l'empire · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII L'Asie force de l'empire

Les populations de l'Anatolie. — TLa vie provinciale en Asie- Mineure. — Les dangers de la force provinciale. — Le patriotisme byzantin.

Dans Torganisation administrative et militaire de l'empire byzantin, en tout temps, une importance plus grande a été attribuée à la partie asiatique qu'à la partie européenne de la monarchie. Dans les thèmes d'Anatolie sont concentrés les meilleurs éléments et les plus nombreux de l'armée impériale. Dans le classement hiérarchique des fonctionnaires, les gouverneurs des provinces asiatiques occupent un rang bien plus élevé que ceux des provinces d'Europe, et pareillement leurs traitements sont tout autrement considérables. Ces indications sont significatives. Elles attestent que, aux yeux du gouvernement impérial, l'Orient — auquel on rattachait d'ailleurs administrativement les deux riches provinces européennes de Thrace et de Macédoine, — avait une toute autre valeur que les pauvres et médiocres districts de l'Occident. En Asie se trouvaient les gouvernements à l'étendue immense — Anatoliques, Arméniaques, Thracésiens, Opsikion, Bucellaires, — les pays fertiles et peuplés, généralement obéissants et paisibles, et qui payaient exactement l'impôt. Bien gardées du côté de la mer par les flottes impériales, bien protégées à la frontière par une série ininterrompue de forteresses puissantes,

habitées par une population suffisamment homogène d'origine hellénique, adonnées au commerce, à l'industrie, à l'agriculture et conservant la trace de leur vieille civilisation, ces provinces, comme on l'a dit, « formaient vraiment l'empire romain ^ », Constanlinople n'étant, selon une ingénieuse remarque, « qu'une sorte de tète de pont sur la rive européenne ^ ». Si, en face de la capitale, luxe et parure de l'empire, la province byzantine apparaît comme un élément sain, robuste et fort, c'est en Anatolie surtout que cette force se manifeste : et c'est du jour où il perdit l'xVsie Mineure que commença la décadence de l'empire.

Les populations de l'Anatolie. — Depuis les temps antiques, Tethnographie de l'Asie Mineure avait subi peu de changements. Ce qui y dominait, c'était toujours la race et la langue grecques. La péninsule anatolique avait, beaucoup moins que la péninsule des Balkans, souffert des invasions barbares, et malgré des moments de crise redoutables, elle soutint assez bien, jusqu'à la fin du xi^ siècle, l'assaut des incursions arabes. Sans doute, du fait des guerres, et aussi des discordes civiles, la population de l'Anatolie put être appauvrie, diminuée, éclaircie ; ethnographiquement, elle ne fut guère modifiée. Assurément le temps y introduisit certains éléments étrangers, mercenaires germaniques ou slaves, colons syriens, arabes ou arméniens. Au total, l'Asie grecque persistait, avec sa population homogène, ses villes illustres, ses grands souvenirs : et ce n'était pas là seulement un élément de cohésion et de force; « par

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