LIVRE III LES ÉLÉMENTS DE FAIBLESSE
Après les causes qui firent la grandeur et assurèrent la durée de l'empire byzantin, il faut chercher les causes qui firent sa faiblesse, qui amenèrent sa décadence et sa ruine.
Ces causes sont nombreuses et d'ordre assez différent. Il en est de permanentes qui, à toutes les époques de l'histoire, ont pesé plus ou moins lourdement sur les destinées de la monarchie. C'est la démoralisation politique, source trop fréquente de révolutions et d'anarchie ; et c'est davantage encore la démoralisation sociale, résultant de cette forme de caractère et d'âme, de cette mentalité particulière, qui ont valu un si mauvais renom à l'épithète de byzantin. Et puis, il y a les causes passagères, les éléments de dissolution dont l'action s'est manifestée à certaines époques plus qu'à d'autres, mais dont l'effet est venu lentement s'ajouter aux raisons profondes de faiblesse qui minaient l'empire. C'est d'abord la question sociale, posée d'assez bonne heure à Byzance, mais qui, entre le IX' et le xi* siècle, y prit une acuité spéciale par le développement d'une grande aristocratie terrienne, et donna naissance à un péril féodal par