‹ Byzance, grandeur et décadence; l'évolution de l'histoire byzantine, les causes de la grandeur de Byzance, le causes de sa décadence, la civilisation byzantine et son influence, l'heritage de ByzanceChapitre 31 sur 41 · BYZANCE ET L OCCIDENT · texte numérisé non relu

BYZANCE ET L OCCIDENT

Dès la seconde moitié du xi« siècle, les ambitions de l'Occident s'étaient tournées vers le monde oriental, et les entreprises de Robert Guiscard avaient inquiété justement les Grecs. Le contact direct et immédiat que les Croisades amenèrent entre les deux mondes accrut encore entre eux la défiance et la haine. Dans la société élégante, cérémonieuse et raffinée de Byzance, les Latins apparurent comme des rustres assez mal élevés. Pleins de mépris pour les Grecs schismatiques, ils avaient perdu ce respect profond que l'Occident avait longtemps professé pour la cité impériale. Ne comprenant rien, dans leur rude suffisance, aux nuances subtiles de la politesse orientale, ils s'en trouvaient froissés dans leur amour-propre comme d'un manque d'égards. Fort excités enfln à la vue des prodigieuses richesses de la capitale grecque, ils ne dissimulaient pas leurs convoitises ; et par tout cela, ils inquiétaient légitimement les Byzantins. Les Grecs d'autre part n'inspiraient point aux Occidentaux une confiance sans bornes; les croisés se sont plaints amèrement de l'ingratitude, de la perfidie, de la trahison des empereurs et de leurs sujets ; et il est certain que les Byzantins, exaspérés par les violences et les brutalités des gens d'Occident, les exploitèrent souvent indignement et les traitèrent, quand ils en eurent l'occasion, assez mal. Aussi, dès la première croisade, l'antagonisme fondamental qui séparait les deux civilisations se manifesta par des soupçons mutuels, de constantes difficultés, d'incessants conflits.

Les empereurs assurément firent tout leur possible pour apaiser la mésintelligence et ménager un accord entre les deux mondes qui se heurtaient. Mais ne comprenant rien au grand mouvement d'enthousiasme qui jetait l'Occident à la délivrance du Saint- Sépulcre, ne voyant dans la croisade qu'une entre-

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prise purement politique, eux aussi, comme leurs sujets, se défendaient mal de la crainte de quelque tentative sur Constantinople et soupçonnaient les grands barons latins de « rêver de l'empire de Byzance ». Et surtout les empereurs étaient des Grecs. Dans ces étrangers qui envahissaient leurs états, ils ne voulaient voir que des mercenaires prêts à vendre, comme tant d'autres, pourvu qu'on les payât bien, leurs services au basileus, et ils se flattaient d'en faire des vassaux, tout disposés à prêter au maître de Byzance serment d'hommage et de fidélité. Ces prétentions, qui froissaient cruellement l'orgueil des Latins et marquaient trop clairement la distance que les Grecs mettaient entre eux et les hôtes incommodes qui leur arrivaient, n'étaient pas faites pour faciliter les choses. Et comme, par leur indiscrétion, leur hauteur, leurs exigences, les Latins « naturellement effrontés et insolents, comme dit Anne Comnène, naturellement avides d'argent et incapables de résister à aucune de leurs fantaisies, et par-dessus tout bavards plus que tous les autres hommes de la terre », lassèrent plus d'une fois l'inépuisable patience du basileus, on imagine aisément que les accords conclus ne purent d'aucun côté être sincères et durables. Il est certain que les empereurs purent légitimement se plaindre de l'oubli que firent les croisés de leurs engagements et s'inquiéter du perpétuel danger que les Croisades faisaient peser sur l'empire. Il n'est pas moins certain que les Latins furent justement mécontents des mesures hostiles que prenait contre eux la prudence byzantine, des moyens parfois assez déloyaux dont les Grecs usaient pour se débarrasser d'eux, de la sourde animosité qu'ils sentaient partout autour d'eux. Dans ces conditions, durant tout le cours du xn® siècle, l'antagonisme fondamental ne put que devenir plus âpre à chaque rencontre nouvelle. Et de

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bonne heure, dans les têtes d'Occident, l'idée se forma, que pour en finir avec ces Grecs peu sûrs, plus nuisibles qu'utiles à la croisade, le recours à la force était le meilleur moyen — et le plus avantageux — de résoudre la question byzantine.

La politique des souverains grecs du xii* siècle aggrava encore le différend. Les entreprises des Comnènes sur les principautés latines de Syrie, leur désir d'établir leur suzeraineté sur les états francs nés de la croisade, inquiétèrent l'Occident; dès le commencement du xif siècle, Bohémond, prince d'Antioche, prêchait la croisade, non plus contre les musulmans, mais contre l'empire grec. Le mécontentement s'accrut quand on vit Jean Gomnène mettre la main sur Antioche, Manuel Gomnène imposer à Renaud de Chàtillon une humiliante soumission et traiter en vassaux les rois latins de Jérusalem. Il ne connut plus de bornes quand la politique impérialiste de Manuel Gomnène sembla menacer directement l'Occident, poursuivre la reprise de l'Italie et la destruction du Saint-Empire romain germanique. De telles entreprises devaient attirer la foudre sur l'empire. On sait déjà avec quelle hauteur insolente Frédéric Barberousse répondait aux prétentions de Manuel Gomnène. Dix ans plus tard, au cours de sa croisade, l'empereur allemand annonçait ouvertement l'intention de soumettre à son empire « toute la Romanie »; il demandait, pour prendre Gonstantinople, le concours des villes maritimes d'Italie el invitait le pape à prêcher la croisade contre les Grecs. Ge fut bien pis encore quand son fils Henri VI monta sur le trône.

Héritier des ambitions des rois normands de Sicile, il commença par réclamer à Isaac Ange toute la portion de l'empire grec que jadis ses prédécesseurs avaient conquise, depuis Dyrrachium jusqu'à Thessalonique ; il exigeait en outre satisfaction, non

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seulement des embarras que les Grecs avaient causés à son père au cours de la croisade, mais — chose caractéristique — des intrigues par lesquelles Manuel Comnène autrefois avait détaché la papauté de l'empire et tenté de chasser Barberousse d'Italie. Comme s'il était, dit un chroniqueur grec, « le seigneur des seigneurs et le roi des rois », Henri VI dictait la loi à Constantinople et déjà il rêvait de placer sur sa tète la couronne des basileis. Il avait obligé les royaumes d'Arménie et de Chypre à devenir ses vassaux ; il s'apprêtait à passer en Syrie, et il comptait bien de là conquérir Constantinople et réunir en un seul empire l'Orient et l'Occident. Nicétas a raconté, dans un passage curieux et significatif, l'accueil qu'on fit à Constantinople aux demandes de l'empereur allemand. Alexis Ange se résigna — « ce qui. dit l'historien, ne s'était jamais fait jusque-là » — à acheter la paix à prix d'or. Mais, se souvenant des anciennes pratiques de la diplomatie impériale, il se flatta d'éblouir les ambassadeurs allemands par l'étalage du luxe byzantin, et pour la Noël de l'an 1196, il organisa au palais une réception splendide, où toute la cour parut en costumes éclatants. Nicétas lui-même juge que l'idée était assez inopportune et quelque peu ridicule. On le vit bien. Les Allemands ne furent nullement éblouis des magnificences qu'on leur montrait ; la vue de toutes ces richesses ne fit qu'accroître leurs convoitises et leur désir de combattre au plus tôt ces Grecs efféminés et chargés d'or comme des femmes. Vainement les Byzantins les invitaient à admirer « la splendeur des pierreries dont resplendissait l'empereur, et à goûter ces grâces printanières répandues au cœur de l'hiver». Les ambassadeurs ripostaient insolemment qu'avant peu les Grecs auraient à remplacer leur or par du fer. pour combattre « des hommes qui ne brillent pas de l'éclat des pierres précieuses, qui ne s'enorgueillis-

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sent pas de l'orient des perles ou du feu des pierreries mêlées à la pourpre et à l'or, mais qui, en vrais nourrissons de Mars, ont dans les yeux des flammes de colère plus brillantes que le rayonnement des pierres précieuses, et dont les gouttes de sueur sont plus belles que la splendeur des perles ». Le temps était loin où les barbares d'Occident avaient pour Byzance une admiration respectueuse. Les Croisades avaient appris à l'Occident la richesse à la fois et la faiblesse de Byzance, et elles avaient enraciné dans tout le monde latin les préjugés hostiles à l'empire grec. Par là, peu de choses ont fait plus de mal à la monarchie.

Les raisons commerciales. — Les ambitions commerciales des villes maritimes d'Italie compliquèrent encore une situation déjà fort tendue.

On a vu déjà quelle fut en Orient la politique envahissante des cités italiennes et comment, dès le XI* siècle et davantage encore au xii^, elles se préoccupèrent — Venise surtout — d'exploiter le riche marché qui s'ouvrait à leurs entreprises. Et on a vu aussi combien les Grecs se plaignirentde l'avidité et de l'insolence de ces étrangers. La Constantinople des Comnènes était pleine de Latins : Eustathe de Thessalonique rapporte que, vers la fin du règne de Manuel, il ne s'en trouvait pas moins de 60.000 dans la capitale. La faveur que leur marquait l'empereur attirait en foule les Lstins en Orient. Non seulement les négo- Iciants d'Italie peuplaient toutes les grandes villes de Tempire; mais l'armée était pleine de soldats d'Occident, Lombards, Français, Anglais, Allemands, et Manuel avait même modifié selon les usages latins

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l'arraernent de la cavalerie byzantine. Dans l'administration, dans la diplomatie impériale, d'autres Latins tenaient une place considérable. « Méprisant, dit Guillaume de Tyr, ses petits Grecs comme des hommes mous et efféminés, Manuel confiait aux seuls Latins le soin des affaires importantes, car il comptait à juste titre sur leur fidélité et leur force. » De cette sympathie trop manifeste, les Grecs n'étaient pas moins mécontents que de l'arrogance et de la cupidité des marchands italiens. Nicétas se plaint violemment de la confiance que faisait l'empereur à ces étrangers, ignorants de la langue et de la culture grecque, « et qui crachaient mieux qu'ils ne parlaient » ; il se plaint de les voir considérés comme les meilleurs et les plus fidèles serviteurs de la monarchie, de leur voir confier les missions les plus difficiles, les fonctions les plus hautes, de voir surtout gaspiller pour les enrichir l'argent si péniblement levé sur les sujets, et il constate l'impopularité qui en rejaillissait sur le basileus.

Il en résultait surtout un accroissement de l'hostilité que les Grecs éprouvaient pour leurs exploiteurs. La populace turbulente de Constantinople et le clergé qui la dirigeait portaient aux gens d'Occident une haine violente, qui parfois se manifestait en de sauvages explosions de nationalisme. Ce fut le cas en 1182. Il suffit à Andronic Comnène de faire répandre le bruit que les Latins de la capitale songeaient à tomber sur les Grecs, pour que la populace attaquât le quartier latin de Constantinople. La foule furieuse pilla et brûla tout, massacra tout, clercs et laïques, femmes et enfants, les vieillards et les malades des hôpitaux même. Trois ans plus lard, les Normands prenaient Thessalonique et y vengeaient impitoyalement l'attentat de 1182. Et ces violences réciproques achevaient de creuser l'abîme entre Byzance et l'Occident.

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La quatrième croisade et ses conséquences. — De ces raisons diverses — haines religieuses, ambitions politiques, convoitises économiques, irréductible antagonisme de deux races et de deux mondes — la quatrième croisade fut le résultat nécessaire. En renversant, avec la complicité tacite de la papauté, et aux applaudissements universels de la chrétienté, l'empire byzantin, en installant un comte de Flandre sur le trône des basileis, en démembrant la monarchie au profit de Venise, les Latins portèrent à Byzance un coup dont elle ne se releva jamais et exaspérèrent encore la haine des Grecs contre l'Occident. Dans cette grande catastrophe, en effet, le patriotisme byzantin se réveilla plus ardent que jamais. Assurément, du contact plus direct des deux civilisations, de ces rapports, mauvais souvent, mais fréquents et étroits, que créèrent les Croisades et qui ne cessèrent plus, un rapprochement intellectuel et social résulta. Si les Latins établis en Orient apprirent à réfléchir sur beaucoup de choses qu'ils soupçonnaient à peine, la société byzantine aussi se transforma profondément sous l'influence des idées et des mœurs occidentales; nais ce n'est guère que l'élite qui se pénétra, assez superficiellement au reste, des modes et des habitudes latines. La masse populaire demeura irréductible dans sa défiance et sa haine des étrangers, etpareillement l'Eglise grecque, toujours inquiète des ambitions romaines et qui s'épouvantait, comme d'un sacrilège, de tout rapprochement avec la papauté. La Byzance des Paléologues, plus encore que celle des Comnènes, eut sans cesse les yeux tournés du côté de l'Occident; mais les deux mondes n'en restèrent pas moins incompréhensibles ethostiles l'un àl'autre. Dans leur incommensurable orgueil, les Byzantins, « les Romains, fils de Romains », comme ils s'appelaient parfois, s'obstinèrent à ne voir dans les Latins que des a barbares », et ils n'eurent que mépris pour l'es-

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prit nouveau qui souffîait d'Occident. Les Occidentaux de leur côté ne sentaient que haine pour les Grecs schismatiques et déloyaux. Dans ces conditions, l'accord était impossible.

Byzance et l'Occident à l'époque des Paléologues. — La restauration de l'empire grec par les Paléologues rendit plus difficiles encore les relations des deux mondes. L'Occident s'entêta dans le désir de rétablir l'empire latin détruit, et ce fut l'ambition constante de tous les princes temporels de l'Europe, de Manfred de Hohenstaufen aussi bien que de Charles d'Anjou, d'étendre leur domination sur ce monde oriental, dont Venise et Gênes se disputaient Texploitation économique. La papauté d'autre part s'hypnotisa dans le désir de refaire, de gré ou de force, l'union des Eglises, et elle favorisa plus d'une fois à cet effet, au cours du xiv* siècle, les entreprises conquérantes tentées sur l'empire grec. En sorte que les Byzantins ne se trompaient guère, quand ils disaient que, dans tous leurs actes, hostilités ouvertes aussi bien que démarches d'apparence désintéressée, les Occidentaux toujours poursuivaient un même but, à savoir « la destruction de la ville, de la race et du nom grecs ».

Vainement l'intelligence politique de quelques empereurs byzantins comprit que, pour sauver l'empire, il fallait à tout prix s'accorder avec l'Occident et donner à la papauté la satisfaction de réaliser son rêve éternel de l'union des Eglises. Pour protéger la monarchie contre les ambitions menaçantes de Charles d'Anjou, pour pouvoir sans inquiétude poursuivre en Orient sa politique de restauration de l'empire, Michel VIII s'entendit au concile de Lyon avec

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•Grégoire X (1274) et replaça l'Eglise byzantine sous l'autorité romaine. Pour sauver des Turcs l'empire aux abois, Jean VIII fît à la dernière heure un eiïort semblable et désespéré : il s'entendit avec Eugène IV au concile de Florence (1439) et rétablit l'union avec Rome. Au xin® comme au xv' siècle, ces tentatives, de caractère purement politique et d'intention louable, se heurtèrent à l'intransigeance farouche, à la sotte incompréhension du clergé et du peuple grecs. L'accord de Lyon déchaîna dans l'empire une crise si redoutabte que, huit ans plus tard, à la mort de Michel VIII, le premier soin de son successeur fut de dénoncer l'union. L'accord de Florence ne fut pas mieux accueilli. Le peuple de Gonstantinople reçut avec des outrages et des huées les prélats qui avaient, signé la convention, les accusant « d'avoir pour un peu d'or vendu leur Eglise et leur pays ». Quand l'empereur voulut mettre en vigueur le traité, l'émeute gronda jusque sous les voûtes de Sainte-Sophie. « Nous aimons mieux voir régner à Gonstantinople le turban des Turcs que la mitre des Latins », déclaraient les fanatiques, enflammés, en face des Ottomans menaçants, d'une haine farouche contre l'Occident. Il faut bien avouer au reste que, pour ardente ^t passionnée qu'elle fût, cette haine n'était point aveugle. Le péril pressant de l'invasion turque n'avait rien appris à l'Occident ni changé l'orientation de sa politique anti-byzantine. Au moment où Byzance touchait à l'heure suprême, l'Occident songeait moins à la défendre qu'à profiter de sa détresse pour la conquérir.

Ce fut la grande erreur des Latins de n'avoir rien tenté pour apaiser ces défiances et ces haines. Pour secourir efficacement l'empire, il eût fallu que l'Occident se décidât à un grand effort absolument désintéressé. Il sembla parfois le comprendre, et se rendre compte aussi que l'intérêt de la chrétienté même

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était d'arrêter les Turcs et de sauver à tout prix Gonslantinople. Mais il le comprit trop tard, et insuffisamment. La croisade de Nicopolis en 1896 échoua aussi lamentablement que la croisade de Varna en 1444 ; et en dehors de ces deux tentatives, les Latins se contentèrent de faire aux empereurs qui venaient mendier leur secours, à Jean V, à Manuel II, à Jean VIII, un accueil flatteur et des promesses vaines. A l'égard des Paléologues, l'Occident jusqu'à la fin pratiqua une politique essentiellement égoïste : il ne songea qu'à profiler de leur misère pour exploiter économiquement l'empire, pour le dominer religieusement, pour le conquérir politiquement. Finalement, la chrétienté occidentale laissa succomber Gonslantinople sous les coups des Turcs et, moins soucieuse des nécessités présentes que préoccupée des antipathies anciennes, des incompatibilités radicales qui séparaient les deux mondes, elle se désintéressa fâcheusement des destinées de l'empire grec et, par là, acheva sa ruine inévitable.

Pendant trois siècles et demi, de la fin du xi' au milieu du xv*, l'établissement d'un modus vivendi entre l'Orient et l'Occident fut un des problèmes essentiels de la politique européenne; ce fut vraiment, comme on l'a dit, la question d'Orient du moyen âge. Grecs et Latins furent également impuissants à la résoudre, par défiance réciproque, par irréductible rancune. Et aujourd'hui encore, quelque chose subsiste de ces haines dans les préjugés qui, du fait de cette antipathie millénaire, demeurent attachés en Occident au souvenir de Byzance.

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