SCÈNE IV
BOUCHONNET, LAZARRE*.
BOUCHONNET, entrant très agité, à lui-même. L'ai-je reçu ?... ne l'ai-je pas reçu?...
LAZARRE
Monsieur...
BOUCHONNET, à Lazarre.
Laisse-moi; ça en était-il un ? ou ça n'en étaitil pas un ? J'aime à croire que ça n'en était pas un^ ce serait trop horrible! J'aurai rêvé ça, bien sûr^ j'aurai rêvé ça !
Air: Lorsque parfois.
jbie et douleur, tout cesse avec le songe. . . Et pourtant quand je suis assis Une douleur qui se prolonge.
Sur le lait nie rend indécis Et redouble tous mes soucis ; Il faut, et c'est ce qui m'endève, Que l'accident, dont j'ai l'esprit brouillé, M'ait beaucoup frappé dans mon rêve Pour que j'en soulfreencor tout éveillé.
[il s'assied.)
LAZARRE, qui s'cst rapproché.
Eh bien, monsieur, cane va donc pas mieux?
BOUCHONNET, se levant.
Mieux... quoi?
LAZARRE
Vol cauchemar, quoi î .
BOUCHONiNET,
Mon cauchemar?... ce serait?... Il faut que je sache... mais quel moyen? Ah! j'y suis! [haut et vivement ) Lazarre, où as-tu mis ma redingote ?
LAZARRE
Laquelle, de redingote?
BOUCHONNET.
Celle que j'avais hier soir quand je sui:^ rentré à minuit?
. SCÈNK M
LAZARRE
Ah ! bien! vot' redingote noirtc ; elle est encore au porte-manteau.
Et Tas-tu brossée ?
LAZARRE, à pari.
Saperlotte !... qu'est-ce qu'il va me dire... lui, qui a déjà diminué...
BOUCHONNET, insidanl avec force.
L'as- tu brossée ?
LAZARRE, suppUanl.
Excusez -moi, monsieur... mais elle est encore toute sale.
BOUCHONNET, s'appvochant vivement de Lazarre qui s'effraie.
Toute sale !.. ah ! tant mieux !... Je te remercie^de ton attention; tu es un brave domestique.
LAZARRE, à part.
Bien sûr, il est toqué.
BOUCHONNET.
Apporte-la moi tout de suite.
LAZARRE
Tout de suite, après l'avoir brossée !
BOUCHONNET.
Si tu la brosses, je te chasse.
LAZARRE
Alors, faut donc que je la batte ?
BOUCHONNET.
Si lu la bats, je t'assomme.
LAZARRE, à lui-même.
Il a peur que je l'use.
BOUCHONNET, avcc impatiente.
Ehlbie,!?
LAZARRE
j'y vais, monsieur... {il sort à gauche.)
BOUCHONNET, Seul.
Non, je n'ai pas dû recevoir ce... {il fait le geste de lancer un coup de pied ) puisque j'étais seul... !it pourtant, cette voix qui m'a dit. . . Mais puisque j'étais seul. . . Allons, allons, c'est (m moment de folie, j'ai cru entendre, j'ai cru sentir... mais je n'ai ni entendu ni senti.
LAZARRE, revenant .
Voilà la redingote.
BOUCHONNET.
Donne vite [il s' en empare vivement,) et va-t-en.
LAZARRE, à part.
11 tient peut-être à la brosser lui-même; je vais lui chercher une brosse ( H sort. )