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C'est la faute du mari proverbe en un acte et en vers

(Le petit salon d'un château ; au fond, uno galerie ; U droite et h gauche porte ; une porte-fenêtre donnant sur le Jardin.)

LE COMTE, seul. (Scène muette.)

(Il est en veste de chasse, tl se promène dans la gnlerio d’un air soudeux ; de temps en temps, il entre dans le salon, 11 écoute et regarde. . . I! pousse un fauteuil avec impatience, donne pn coup de pied h nn tabouret qu'il fait rouler au loin, et puis 11 recommence h se promener.)

LAURENCE seule, en négligé de matin.

(Elle entre lentement; elle tient h la main un dahlia qu'elle va poser dans

nn vase.)

LAURENCE

Oh! le beau dahlia!... les brillantes couleurs!

Quel écrin ! quel trésor pour un peintre de fleurs!...

S’il n’était pas si tard, je le copierais vite.

(Le comte traverse la galerie.) *

Mon mari va me dire...

(Elle se tourne vers lui et l'appelle.)

Edgard!... Mais il m’évite;

Il est plus que jamais maussade maintenant.

(Elle so lfeve et range ses dessins. Elle aperçoit un porte-crayon sur la table.)

Ah! le porte-crayon de Fernand. .. de Fernand!...

(Elle reste un moment rêveuse a regarder le porte-crayon, ollo le met dans sa poebe. On entend sonner une cloche.)

Le déjeûner!... Adieu, pinceaux, fleurs et palette.

A peine ai-je le temps d’achever ma toilette.

Je vais être grondée.

(Elle sort en courant.)

LE COMTE, seul.

Elle n’est plus ici. . .

Est-ce donc un bonheur qu’un soupçon éclairci? Pourquoi donc tant chercher la clarté qu’on redoute?...

(Apercevant le dahlia.)

Que fait là cette fleur?... C’est un signal, sans doute! Cela m’éclaire?... Eh bien! en suis-je plus heureux?... Je sais !... Oui, cette fleur est uu langage entre eux... Cela veut dire : « Ici, ce soir, venez m’attendre... »

Mais non, non . . . c’est trop tôt. . . Ils ne peuvent s’entendre ! Fernand, qui me doit tout!... Oh! ce serait bien mal !... En tout cas, mes amis, cherchez votre signal...

(Il met l'énorme dahlia dans la poche de sa veste, et sort par la galerie. Pendant que le comte «'éloigne, Justin ouvre h doux battons la porte de droite.)

JUSTIN, ensuite LA MARQUISE.

JUSTIN, annonçant à haute voix.

Madame la comtesse est servie. . . Ah 1. . .

(H fait une pirouette.) LA MARQUISE, regardant autour d'elle.

Personne...

(A Justin.)

Mais, c’est le déjeûner, n’est-ce pas, que l’on sonne?

JUSTIN

Oui, madame.

LA MARQUISE

Je suis exacte par hasard...

Et moi qui, bonnement, me croyais en retard.

(A Justin.)

Madame d’Hauterive est souffrante, peut-être?

JUSTIN, désignant la fcnStrc.

On l’aperçoit d’ici.

Oui...

LA MARQUISE, regardant du côté du Jardin

Rêveuse, à sa fenêtre.

(A Justin.)

Monsieur d’Hauterive est parti pour Vemon?

JUSTIN

Mais... je viens de le voir aussi dans ce salon.

. (Justin sort.)

LA MARQUISE

Cette absence est étrange, et cache quelque chose... Leur trouble est évident ; j’en connaîtrai la cause. Edgard n’est pas heureux... Ah! je méritais bien Son bonheur... Son bonheur... hélas! pour prix du mien. Mais qui peut donc troubler ce ménage modèle ?

Edgard est-il jaloux... ou plutôt infidèle?

Est-ce un chagrin d’amour? est-ce un chagrin d’argent?

(Elle s'assied II la place où était Laurence.)

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