LE COMTE, FERNAND, LA MARQUISE, LAURENCE
(Laurence et 1a marquise paraissent & la porte-fenCtre du Jardin.) LAURENCE.
. Moi!...
LE COMTE, A la Marquise
Vous étiez là, madame?
Oui, dans la grande allée.
Le vent nous apportait sa voix... un peu troublée... Sans vouloir écouter, nous avons entendu.
FERNAND il part.
Je n’en suis pas fâché.
LE COMTE
Mon cher, je suis perdu.
FERNAND A Laurence
Oh Dieu ! ce bon conseil, donnez-le, je vous prie.
Que vais-je devenir?
LAURENCE
Fernand, je vous marie.
LE COMTE
Je goûte ce projet, je le trouve moral.
LAURENCE
11 est jeune, il est riche, et duc de Charlesval.
FERNAND
Par vous.
Chacun déjà proclame son mérite.
LE COMTE
Oui!...
LAURENCE
Je veux lui donner pour femme... Marguerite.
LE COMTE
Sa fille!... C’est parfait.
LAURENCE, à Fernand, montrant la marquise.
J'ai son consentement.
LE COMTE, A la marquise qui semble dire, pas tout-h-fait.
Tant pis!... Vous m’avez dit qu'il était si charmant!..
LAURENCE, an comte.
Cette idée est de moi, la trouvez-vous mauvaise?
LE COMTE, tendrement.
Non!...
LA MARQUISE
Mais encor faut-il que ma fille lui plaise.
FERNAND
Je la connais.
LA MARQUISE, bas h Laurence.
Voyez quel est mon embarras...
C’est un parti superbe, et vous n’y pensez pas!...
LAURENCE, lui tendant les mains.
Si fait, et c’est bien là le fond de ma pensée.
LE COMTE
Ainsi donc, la vertu sera récompensée.
(A Laurence, i
Le crime sera-t-il puni sévèrement ?
LAURENCE
Non, on vous laissera le choix du châtiment.
Ah ! vous êtes aimable !... et je l’apprends par d'autres !
LF. COMTE.
Je reconnais mes torts...
LAURENCE
Edgard, dites les nôtres.
Vous u’aviez pas pour moi l’amour qui m’était dû ; Mais, par un sot dépit, je vous ai répondu,
Et nous sommes tombés dans le piège ordinaire. Vous, vieux maître d’école, et moi pensionnaire. Reprenons donc chacun notre rôle chéri,
Moi, femme raisonnable, et vous, jeune mari.
Fernand vient dire adieu il Laurence : le comte et la marquise
causent ensemble)
LAURENCE
Adieu, Fernand.
■ FERNAND
Adieu. Je vous quitte, Laurence, Le cœur plein de regrets, mais aussi d’espérance.
Je puis me pardonner mon audace d’un jour, Puisqu’à mon fbl amour vous devez son amour.
LE COMTE, & la msrqniso.
A leurs touchans adieux, permettez que j’assiste ;
Voyez comme elle est pâle... et lui, comme il est triste!... Ouaih!... nos soins, nos efforts, seraient-ils superflus? Madame!,., est-ce bien vrai que vous ne m’aimez plus?
LA MARQUISE, riant.
Plus...
LE COMTE
D’honneur...
LA MARQUISE
Je le jure en mère de famille.
Quel gage donnez-vous?
LA MARQUISE
Le bonheur de ma fille.
IMontrant le comte.)
Fernand, que son erreur vous serve de leçon ;
Je vous donne ma fille, aimez-la sans façon.
Retenez bien ceci, messieurs, et vous, mesdames :
« Ce sont les bons maris qui font les bonnes femmes. »