‹ C'est la faute du mari proverbe en un acte et en versChapitre 13 sur 13 · LE COMTE, FERNAND, LA MARQUISE, LAURENCE · texte numérisé non relu

LE COMTE, FERNAND, LA MARQUISE, LAURENCE

(Laurence et 1a marquise paraissent & la porte-fenCtre du Jardin.) LAURENCE.

. Moi!...

LE COMTE, A la Marquise

Vous étiez là, madame?

Oui, dans la grande allée.

Le vent nous apportait sa voix... un peu troublée... Sans vouloir écouter, nous avons entendu.

FERNAND il part.

Je n’en suis pas fâché.

LE COMTE

Mon cher, je suis perdu.

FERNAND A Laurence

Oh Dieu ! ce bon conseil, donnez-le, je vous prie.

Que vais-je devenir?

LAURENCE

Fernand, je vous marie.

LE COMTE

Je goûte ce projet, je le trouve moral.

LAURENCE

11 est jeune, il est riche, et duc de Charlesval.

FERNAND

Par vous.

Chacun déjà proclame son mérite.

LE COMTE

Oui!...

LAURENCE

Je veux lui donner pour femme... Marguerite.

LE COMTE

Sa fille!... C’est parfait.

LAURENCE, à Fernand, montrant la marquise.

J'ai son consentement.

LE COMTE, A la marquise qui semble dire, pas tout-h-fait.

Tant pis!... Vous m’avez dit qu'il était si charmant!..

LAURENCE, an comte.

Cette idée est de moi, la trouvez-vous mauvaise?

LE COMTE, tendrement.

Non!...

LA MARQUISE

Mais encor faut-il que ma fille lui plaise.

FERNAND

Je la connais.

LA MARQUISE, bas h Laurence.

Voyez quel est mon embarras...

C’est un parti superbe, et vous n’y pensez pas!...

LAURENCE, lui tendant les mains.

Si fait, et c’est bien là le fond de ma pensée.

LE COMTE

Ainsi donc, la vertu sera récompensée.

(A Laurence, i

Le crime sera-t-il puni sévèrement ?

LAURENCE

Non, on vous laissera le choix du châtiment.

Ah ! vous êtes aimable !... et je l’apprends par d'autres !

LF. COMTE.

Je reconnais mes torts...

LAURENCE

Edgard, dites les nôtres.

Vous u’aviez pas pour moi l’amour qui m’était dû ; Mais, par un sot dépit, je vous ai répondu,

Et nous sommes tombés dans le piège ordinaire. Vous, vieux maître d’école, et moi pensionnaire. Reprenons donc chacun notre rôle chéri,

Moi, femme raisonnable, et vous, jeune mari.

Fernand vient dire adieu il Laurence : le comte et la marquise

causent ensemble)

LAURENCE

Adieu, Fernand.

■ FERNAND

Adieu. Je vous quitte, Laurence, Le cœur plein de regrets, mais aussi d’espérance.

Je puis me pardonner mon audace d’un jour, Puisqu’à mon fbl amour vous devez son amour.

LE COMTE, & la msrqniso.

A leurs touchans adieux, permettez que j’assiste ;

Voyez comme elle est pâle... et lui, comme il est triste!... Ouaih!... nos soins, nos efforts, seraient-ils superflus? Madame!,., est-ce bien vrai que vous ne m’aimez plus?

LA MARQUISE, riant.

Plus...

LE COMTE

D’honneur...

LA MARQUISE

Je le jure en mère de famille.

Quel gage donnez-vous?

LA MARQUISE

Le bonheur de ma fille.

IMontrant le comte.)

Fernand, que son erreur vous serve de leçon ;

Je vous donne ma fille, aimez-la sans façon.

Retenez bien ceci, messieurs, et vous, mesdames :

« Ce sont les bons maris qui font les bonnes femmes. »

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