‹ C'etait Gertrude comedie en un acteChapitre 17 sur 18 · UNE VOIX · texte numérisé non relu

UNE VOIX

M. René 1

RENÉ

C’est moi I (ll prend une lettre qae Ini remet an commissionnaire et referme la porte; à madame Dolorès.) Yoiis me permettez, madame?

MADAME DOLORÈS

Sans doute ! c’est peut-éire une lettre de votre adversaire.

RENÉ

C’est peut-être une lettre de mon adversaire. (Décachetant la lettre et lisant à demi-roix.) « Monsieur, la présente est pour vous informer que je suis un grand misérable I » (Parlé.) Hein 1 serait-ce le comte de Verne qui se traiterait de...? Voyons la signature... Lisant.) « Bourguignon, cocher 1 » (Parlé.) Cocher 1 que signifie ?... je n’ai pas d’ami dans cette catégorie, (il reprend sa lecture.) < Que je suis uti grand misérable! Gertrude m’a tout expliqué, vous ne lui faisiez pas la cour hier à l'Opéra... ■ (Parlé.) Grand Dieu I c’était avec un... mon rival était un cocher ! Et moi qui le trouvais distingué I Comme le costume de Turc vous avantage, mon Dieu I (il gesticule arec désespoir.)

MADAME DOLORÈS, à part.

Il parait plus irrité que jamais.

RENÉ, «Tec amertune.

Après cela, ma conquête était une femme de chambre, une Gertrude I c’éiait Gertrude I 11 était logique que mon adversaire fût... ce qu’il est. Je reste conséquent dans ma dégradation I Lisant.) a Ce qui me chiffonne le plus. » (Parlé.) Voyons ce qqi le chiffonne. (Lisant.) «C’est que je vous ai remis la carte ducomte de

C’ÉTAIT GERTRUDE

Verne, mon maître... » (Parlé ) Voilà! voilà I... (Usant.) «Parce que j’ai cru que vous alliez filer doux en la lisant, comme j’ai vu la chose arriver souvent avec d’autres. » (Parlé.) 11 en a l’habitude, le malhi'ureux 1 (Lisant.) « Au nom du ciel, monsieur, ayez pitié de moi ! Ne brisez pas la carrière d’un honnête cocher, monsieur ; qui a dix ans de loyaux services, monsieur ; qui défie tous les cochers de Paris de conduire un attelage comme lui, monsieur, qui est attaché à ses maîtres, monsieur ; enfin, qui aime ses chevaux comme lui-même... avec lesquels... il a l’honneur... » (Parlé.) Mais il est idiot, cet animal-là. (Se toarnant vers Dolorès.) Si vous saviez, madame?...

Eh bien ?

RENÉ, à part.

Ah ! non, diable I Qu’elle ignore toujours 1 (Haut, avec dignité.) Madame, mon adversaire fait les premiers pas dans la voie de la conciliation, que faut-il faire?

MADAME DOLORÈS, vivement.

R faut lui tendre la main.

RENÉ

La main ! (a part.) Le pied tout au plus!. .. (Haat.) Vous me désar« mez, madame.

MADAME DOLORÈS, lui tendant la main.

C’est bien, cela.

RENÉ

Demain, je compte aller voir ma tante; n’aurais-je pas le plaisir de vous rencontrer chez elle?

MADAME DOLORÈS

Mais, monsieur !

RENÉ

Nous parlerions de cette nuit étrange, du hasard qui nous a rapprochés, de l’intérêt que vous avez bien voulu me témoigner, de...

MADAME D0L0R|ÈS

De votre jeune Strasbourgeoise.

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