‹ C.F. Meyer; sa vie, son œuvreChapitre 152 sur 177 · Conversation avec Kôgel · texte numérisé non relu

Conversation avec Kôgel

'3. Br. I, p. 290.

4. Kôgel. Cf. le mot de Louise von François : « Ich nenne Sir einen Teleacopisten in Gegensatz zu Ihrera Landsraann Keller, don ich einen Mikroscopisten der Gegenwart nenne » [Briefwechsel, p. 38).

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monarchique furent générales, sans distinction de nation. « Si les Français pouvaient donc seulement avoir les d'Orléans ! », s'écrie-t-il en 1887 dans une lettre à Haessel1. Ces tendances aristocratiques se trouvèrent naturellement renforcées à l'égard de l'Allemagne, à laquelle il se sent appartenir par toutes ses fibres. « Laissez donc, que diable ! Bismarck faire de vous une grande nation! », écrit-il au Saxon Haessel2. « Nous autres, Allemands », écrit-il dans une autre lettre3. « S'appuyer à la grande vie allemande est, pour nous autres Suisses, une nécessité », dit-il à Blùmner '.

Ensuite, Meyer n'aima point, dans la Suisse, cette tendance moralisatrice qui caractérise l'esprit helvétique dans presque toutes ses manifestations intellectuelles ou artistiques. Il a dit, avec une certaine hauteur dédaigneuse, et aussi un peu d'aigreur: « Keller est ce que les Suisses demandent, didactique, prolixe; il prêche. Cela est nécessaire pour plaire au Suisse; cela est républicain. Ma plus grande émancipation de l'esprit helvétique consiste en ce que je ne pratique pas ce genre, en ce que je l'évite par principe5. »

Pareils sentiments ne devaient point lui gagner les sympathies de son peuple. Les raisons qui firent que Meyer n'aima point la Suisse furent celles pour lesquelles il n'en fut point aimé. Son attitude d'écrivain en marge de la vie de son pays, sa réserve d'artiste méprisant à l'endroit du pédagogisme moral de ses concitoyens, lurent jugées antisociales. Dans un article paru un an après sa mort, le pasteur Jaccard écrit : « Dus au même pinceau, les divers portraits ont bien un air de famille; c'est-à-dire que C.-Fi Meyer voit les hommes et les choses de la vie sous un angle qui lui est particulier. Or, il faut le dire, le tour d'esprit de l'œuvre entière ne laisse pas le lecteur sous une impression

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