Cf. Langwiesche
conclusion , ;>
qu'il n'aima pas beaucoup la Suisse. C'est la conclusion qui découle des passages de sa correspondance où il ne se surveille point. Dans cette tiédeur civique entrèrenl peut-être pour une petite part les déconvenues personnelles : on se souvient de la froideur qui accueillit ses premières œuvres en Suisse allemande, de l'hostilité qui salua à Zurich l'apparition du Saint. Ce fut la voix de l'Allemagne qui força !<• sentiment de la Suisse. Meyer ne fui reconnu poète par les siens qu'une fois consacré au delà de la frontière.
Il faut ensuite reconnaître que rarement écrivain naquit dans une ambiance moins faite pour lui. Zurich, la cité utilitaire par excellence, si peu faite pour les loisirs de la pensée, la ville d'affaires aux ambitions américaines, Zurich convenait mal au poète aux yeux duquel un des principaux titres de l'art était « d'arracher les hommes aux trivialités de la vie » \
Et la Suisse en général ne lui convenait point. Il n'en a loué la « solidité morale », la « vertu civique », « l'activité productive » que pour tout de suite après en déplorer « l'étroitesse étriquée d'existence ». « La Suisse est trop petite », gémit-il2. Et ce mot résume les griefs du poète qui aima la grande Allemagne du moyen âge, rêva des fortes nationalités, se réjouit de l'unification de l'Italie et de l'Allemagne : « J'ai toujours été un Gibelin ». écrivait un jour Meyer a Gottfried Relier3. Il y a une sorte d'humiliation intime dans l'accent avec lequel il constate que l'exiguïté de leur sol contraint les poètes suisses au rôle de miniaturistes : « Ils finissent toujours dans l'idylle v. » Mais lui ne voulait, nous l'avons vu, comme compagne de sa muse que la « grande histoire » ! Ses sympathies pour l'absolutisme
i. Frey, p. 286.