‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 104 sur 505 · A II, p. 188 (note · texte numérisé non relu

A II, p. 188 (note

4. Gebet eines Chrisien, von dem Verfasser des Gebers eines Deisten, paru en sept, de la même année. Les deux pièces ont été réunies dans les œuvres en prose, ilès 1758, sous le titre de : Zwei Selbstgespràehe eines tugendhaften Ueiden, das erste, ah er dem Licht der Natur uberlaasen geuesen. das anderr, nachdem ihm die nàhere Offenbarung mitgeleili worden. Elles ont été retranchées des éditions postérieures (A 11, p. 192 ss.).

CHEZ BODMER 113

de Zurich 1. Quant aux cantiques sur la Nativité et la Résurrection 2, leur forme pindarique 3, ainsi que le souhait de l'auteur de les voir composer par un musicien « qui ne serait pas beaucoup inférieur à Lulli » 4 dénonceraient leur caractère profane.

Comment accuser l'influence puritaine de Bodmer de ce prétendu glissement à la dévotion? Si le professeur a cherché à dévier vers l'idéalisme poétique le sentimentalisme mystique de son disciple, si, par défiance de l'enthousiasme il a voulu fortifier chez lui le contrôle de la raison, serait-il responsable du dilettantisme dans lequel se perd sa production, dès la fin de la première année de son séjour?5 Il ne semble pas que ce soit l'effet d'une contrainte, ou simplement de la pression, exercée par sa personnalité, sur l'esprit mobile de Wieland.

Celui-ci ne se sentait-il pas parfaitement à l'aise dans ce milieu frugal et intellectuel, et sous l'autorité paternelle de son hôte? Son existence avait été chez lui «un plaisir ininterrompu...; les mois avaient passé comme des semaines » 6, dans une sérénité à peine inquiétée de loin par les lettres venues de Biberach. Ses perspectives s'éclairaient en Allemagne, où Kiinzli, au cours d'un voyage, avait répandu son éloge « comme un parfum » jusqu'à

1. Bodmer à Zellweger, 30 sept. 1753 (Hirzel, p. 70) : « Dièses Gebet hat ihn (W.) bei den geistlichen Herrn en bonne odeur gesetzt. Das Gebet eines Deisten hatte sie Bôses argwôhnen lassen. »

2. Ode auf die Geburt des Erlôsers, écrite pour Noël 1 753, et Ode auf die Auferstehung Jesu, pour Pâques 1754 (A II, p. 230 ss.). Un fragment publié dans Euph. Ergzh., 3, p. 99 s. pourrait se rapporter à une ode à la Pentecôte. Le Versuch einer Ode auf das Pfingstfest, publié dans les Freymiithige Nachrichten,le7 sept. 1757, n° 36, p. 385 ss. (A II, p. 230 s.) que Budde attribuait à W., est de Zimmermann, comme l'a conjecturé Seuffert (Proleg., VII, n° 71 a). Le manuscrit figure parmi les L. de Zimmermann à Breitinger; il est daté du 6 juin 1756. Cf. A. Br., I, p. 193; Ischer, J. G. Zimmermanns Leben und Werke, 1893, p. 65.

3. Wieland étudiait alors le grec avec Breitinger (Euph. Ergzh., 3, p. 98); il revient à Pindare en 1756 à l'occasion de la traduction de Steinbruchel.

4. Vorbericht, 1754 (A 11. p. 216). I n .-ssai de composition a eu lieu, d'après le Vorbericht de 1762, ce que confirme une L. de Bodmer du 10 févr. 1754.

5. Quelques-uns de ses travaux sont d'ailleurs perdus. Il est question, dans une L. de Hess à Bodmer, du 22 oct. 1753 (Hirzel, p. 71), d'une étude sur le Parcival, et dans une L. à Zellweger, du 7 avril 1754 (Gôtt. Gel. Anz., 1896, p. 484) d'une attaque contre Baumgarten. Une Ode à Uranie, en l'honneur de la poésie religieuse, est mentionnée par Bodmer (L. à Zellweger, oct. 1753). W. contribua aux notes d'une réédition de la trad. du Paradis Perdu, parue en oct. 1754 (A IV, p. 55 ss.).

6. A. Br., I, p. 135. Complétée Gôtt. Gel. Anz. 1896, p. 475 s. Cf. Merkur, 1778, II, p. 283.

KIosterberge l, où Gleim lui offrait sa maison à Halberstadt, où Sulzer était prêt à s'occuper de lui à Berlin, tout comme Jérusalem à Brunswick 2. La seule préoccupation, qui pouvait peser sur son activité et lui prendre un peu de son ressort, allait disparaître 3.

A la fin de 1753, le lien, qui lui était à la fois un soutien et une gène, se rompit 4. A bout de patience, chassée du presbytère de Biberach par les différends qui s'étaient aggravés avec la mère de son fiancé 5 et privée de l'appui nécessaire, la correspondance étant interceptée, Sophie était rentrée à Augsbourg en septembre; elle reprenait sa liberté pour épouser l'intendant du comte de Stadion, G. Michel de La Roche6. Si dur que fût pour Wieland ce « coup du sort », il ne pouvait ni le surprendre ni l'abattre. Ne St! reconnaissait-il pas incapable de résolution, faible et « si inférieur au modèle qu'il donne dans ses ouvrages? » '. Dans son désarroi, il n'avait prêté que trop complaisamment l'oreilie aux doléances

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