A. Br., I, p
3. Dans une L. inédite à Hess, Bodmer lui écrit qu'il s'efforce avec Breitinger d'ouvrir les yeux à Wieland. « Ernst u. Wahrheit werden dann mit Scherz genug
4. lfi août 1754 (en français, inédite), et en déc. : « Si Wieland ne continue qu'à exercer les fonctions inférieures de l'âme et à s'arrêter dans la basse région du monde, il perdra peu à peu le goût d'olympiser, et aura peine a reprendre l'exercice des facultés supérieures; car j'ai peine à me persuader que l'amour platonique continuera toujours sur le même pied et que la chair ne se mette pas de la partie. » (Inédit.)
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garde ! Je m'étonne qu'il s'embourbe de plus en plus dans ces sentiers bourbeux, et j'ai bien peur qu'il ne tombe de haute métaphysique en bonne physique, de la spéculation à l'expérimental, et les femmes d'esprit ont généralement le sang vif...»1; Kiinzli hochait la tête : Nunc per extentum funem ire videtur 2. A bout de ressources, Bodmer voulait écrire au pasteur de Biberach, afin de l'engager à venir constater l'inconduite de son fils3.
Celui-ci n'en suivait pas moins l'inspiration de son « génie », qu'il sentait « de nature très active et entreprenante : il fallait lui faire confiance... je veux être heureux à ma façon »4. D'ailleurs quel mal faisait-il? 11 « obéissait à son cœur, sans manquer à la raison et à ses devoirs, n'ayant jamais eu à regretter d'avoir suivi ses penchants ». L'amitié d'Elisabeth Lochmann lui était « une insigne faveur de la Providence ». Loin de le détourner de sa vocation, elle la favorisait. Grâce à elle et aux autres « agréables créatures » qu'il fréquentait, il se trouvait aussi « heureux qu'une créature de Dieu peut l'être » 5. Ne jouissait-il pas, en même temps que de l'intérêt de Breitinger et de Bodmer, de l'amitié de Salomon Gessner, « un esprit au meilleur sens du mot, favori de la nature et des grâces », et par surcroît de l'affection retrouvée de sa Séréna? 6 II pouvait « regarder en arrière avec satisfaction, et dans l'avenir avec les meilleures espérances ». Et Bodmer de se résigner au partage : « Wieland est un poète, soupirait-il, et j 'ai même l'impression pénible qu'il l'est avant tout et partout 7. » Raison de plus pour ne pas l'abandonner à lui-même, alors que, prenant la charge d'éduquer les jeunes gens 8, « il n'avait