‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 112 sur 505 · Raumer, p · texte numérisé non relu

Raumer, p

4. Raumer, p. 402 : « Bald kam es so weit, dass fast kein Tag voriiberging, ohne uns ein Briefchen gegenseitig geschrieben zu haben. Einmal wo wir im zârtlichsten stillen Genuss unserer himmlisehen Empfindungen waren, lôste derselbe Gedanke auf einmal unserer beiden Lippen : « Ach, warum konnen Sie mir nicht zwanzig Jahre geben ! » Hatte ich sie wirklich geheiratet, so wâre ich und sie mit Verachtung und Spott beladen worden. Man hatte mich fur einen elenden Glucksritter gehalten. »

5. Aspasie oder die platonisclie Liebe. (Hempel, II, p. 95 ss.)

platonique commençait à se matérialiser un peu » l, Wieland doit cependant à Elisabeth l'effervescence sentimentale, sinon sensuelle, dont son esprit avait besoin pour se reprendre à la joie de rêver et de créer. Après Sophie, elle fut la « Circé » qui s'empara de son imagination, moins sans doute par le charme de sa personne, que par le prestige d'une plus grande expérience des choses de la vie, de sa situation mondaine, ou plutôt d'une certaine élégance d'esprit. Elle l'initiait à la société, ou tout au moins au jeu de la conversation, l'incitait à un déguisement galant des sentiments, au point de le transformer certaines heures « en un moineau anacréontique » 2. Auprès d'elle, sa fantaisie retrouve le climat de la grâce; elle échappe à l'intellectualisme et à l'austérité de Bodmer. Elle est ramenée à l'usage de notre langue, comme l'indiquerait la correspondance postérieure avec Zimmermann. L'influence éducatrice de cette Aspasie se reflétera dans le fragment de Théages, préludant à la série de femmes demi-émancipées, sensibles et averties, chez qui la vertu n'est que virtuosité souriante, comme chez une Danaé, une Musarion.

Ainsi s'explique la résistance de Wieland aux remontrances plus ou moins enveloppées de Bodmer3 et des amis pris à témoin de cette légèreté. Le Dr Zellweger s'en amusait : « Abandonner des amis également spirituels et vertueux pour une personne du sexe, sous prétexte d'un amour purement spirituel et platonique, j'avoue que cela me dépasse, et j'ai bien peur que le diable... ou la chair ne s'en mêle au bout du compte »4, ajoutant un peu plus tard : « Qu'il (Wieland) donne des leçons d'amour métaphysique, hyperphysique, transcendental, mais qu'il prenne

1. A. Br., 1, p. 286 : « Soviel versichere ich lhnen, dass ich nie jemand platonischer geliebt habe, als dièses Frauenzimmer. Ich weiss aber nicht, wie es weiter gegangen wâre... »

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