‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 118 sur 505 · A IV, p · texte numérisé non relu

A IV, p

8. A IV, p. 81 : « Das Schône ist ausser uns, und hângt eben so wenig von unsrer Willkiir ab als das Gute und Anstândige... Ich kann nicht machen, dass, was ausser mir schôn ist, es nicht sei, so wenig als ich machen kann, dass etwas Unrecht sei, was recht ist. Die Verhaltnisse und Proportionen der Dinge sind unverânderlich... »

connaître 1. Le rôle de l'écrivain est d'entretenir, comme le prêtre, une certaine idéalité morale. « Les écrivains sacrés n'ont-ils pas recours aux procédés de la poésie, à l'allégorie, à la métaphore, aux couleurs qui frappent l'imagination ? 2 »

Voilà qui ouvre la voie à l'intolérance et à la persécution. Wieland n'hésite pas à dénoncer l'irréligiosité, la mauvaise foi de qui, comme Magny, traite l'imagerie de Milton de contes de fées et d'histoires de revenants. Il voue Gottsched, auteur présumé du « misérable factum » en cause (le Dictionnaire néologique) à la vindicte publique : « Il serait mille fois moins infamant d'être fouetté par le bourreau et marqué au front, que d'être l'auteur d'un tel livre3. » C'est ainsi qu'il devient sectaire pour accuser une secte, fanatique au nom du libre examen, menaçant, dans son emportement, « le pédantisme et la sottise de toutes les Facultés »4, c'est-à-dire toute discussion en matière de goût. Son penchant prédicant ou histrionique l'emporte au delà de sa nature et de sa raison, sans qu'il prenne garde qu'il tourne le dos à ses convictions. C'est une tentation contre laquelle il ne sera jamais assez défendu. Elle lui gâte dès maintenant le mérite d'une intervention, qui tranchait dans le vif d'une chicane mesquine, et rendait à la critique son rôle dans le combat des idées, ainsi que Lessing la conçoit. Que celui-ci pût être pris pour l'auteur de cette diatribe, aussi bien que Zachariae, on doit le mettre au compte de la fougue et de la crânerie, qui valurent à Wieland un succès de scandale5.

1. Untersuchung ùber den Ursprung der angenehmen und unangenehmen Empfindungen, 1751-1752. Cf. Bodmer, Crit. Brieje, p. 42; H. Grudzinski, Shaftesburys Einfluss auj Wieland, p. 34.

2. A IV, p. 85 : W. cite en exemple Zwingli, qui assimilait, pour leur action poétique, les odes de Pindare aux hymnes et aux psaumes sacrés. Ne serait-ce pas le motif de l'adaptation, faite par W., delaformepindarique dans ses hymnes?

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