A II, p
■2. A II. p. 'J86. Dans une note sous forme d'extrait d'une h-itrc. \V. répond à l'objection des savants ou philosophes qui se sentiraient visés, déi laranl n'avoir mis en cause que les sophistes. Plus nettement, en 1758, il se défend conliv l'accusation d'avoir médil de l'esprit.
3. A 11, p. 287 : Wiim noch etwas mf der Erden ist, das englische Blicke hervorlocken kann, so isl es das Leben dieser Liebenswûrdigen Menschen, welchen die Natur gliickliche Dispositionen zu einer harmonischen Gemùtsart, eine feine Empfindung .1rs Schônen und edle Neigungen zum Guten verliehen hat... Sie geniessen der Well mit Vernunft. aber sie siml niehl an sie gefesselt. »
i. Ail. p. 293.
domine l'aspiration subjective. De l'enthousiasme spirituel, la « divine passion » du Soliloque, Wielaud ne retient que la perspective, ouverte à la culture, de l'ascension vers le bonheur; plus qu'à la forme, il est attaché à la structure du monde; plus qu'à la beauté, à l'ordre et à l'utilité. Ce n'est pas une conception esthétique, c'est une conception bourgeoise. De la religion, elle fait une institution de police, comme elle met la science au service de la société, et le génie au service du progrès. Dilué dans la philosophie populaire de Spalding, de Sulzer et d'Iselin, l'idéalisme moral de Shaftesbury cesse d'être éducatif; il s'étale dans une vision confuse de l'évolution. La volonté, pour la réalisation du rêve eudémoniste, n'a d'autre règle que le « sens commun » *.
Aussi est-il fait appel à l'utopie pour suppléer à l'illusion spiritualiste 2. A la fiction de l'éden primitif répond celle des « Iles fortunées », où une humanité plus heureuse nous convierait à partager sa félicité, en restaurant l'ordre de la nature. Au lieu du conflit de la sensibilité et de la raison, figuré par la fable orientale de Mirza3, voici l'anticipation de l'innocence retrouvée par la raison « instinctive »4. Ne peut-on imaginer ce que serait une société qui aurait échappé aux maux de l'oppression, du luxe, de l'inégalité, en demeurant fidèle au «Code de la nature » ?5 Si la nature est toujours ce qu'elle était à l'âge d'or, aussi belle et aussi maternelle; si, à l'aube de chaque jour, il monte encore dans les airs une symphonie d'allégresse 6, c'est donc que dans les
1. Dans le Vorbericht de 1763, W. reconnaît la confusion de la philosophie de l'enthousiasme », les inconséquences de ces considérations, faites « d'idées
douteuses, d'observations inexactes el d'impressions vagues ». 11 en donne comme excuse sa jeunesse et son inexpérience.
2. Entretien avec Ring (Archiv f. Litgesch., XIII, p. 790). W. fait part de son admiration pour les Iles flottantes de Morelly attribuées à Montesquieu :
Ein Buch, darin die natùrliche Religion auf das Allerschônste geschildert ist. »