‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 124 sur 505 · A II, p. 281 s · texte numérisé non relu

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d'ailleurs comment elle arrivera à terme, par quels soins et avec quel concours de circonstances. Comptant moins sur l'effort individuel que sur l'action obscur du destin, Dieu ou nature, son optimisme s'en rapporterait au jeu des forces organiques. A la rigueur, il sacrifierait la masse, incapable de parvenir à maturité, étant à la merci de l'imagination et de l'erreur, pour une élite qui serait « le joyau de la terre »; à la place des privilégiés de la fortune, condamnés à la duperie des sens et au mysticisme 1, ou des savants, retranchés dans la spéculation, ces «méditatifs fainéants », auxquels Leibnitz reproche de rester spectateurs, au lieu de vivre 2, elle serait faite des hommes véritablement cultivés, sachant concilier l'intelligence et l'action, grâce à un heureux équilibre des facultés : les virtuoses, seuls capables de jouir véritablement de ^ l'existence3.

Quant aux génies, aux héros, ce sont des accidents, des forces déréglées et tumultueuses; promoteurs de l'histoire et instruments du progrès, ils sont aussi les fléaux de Dieu, remplissant leur mission hors des voies normales. Au premier plan, les chefs, les conducteurs des peuples, les fondateurs de religion : Confucius, Minos, Lycurgue, l'emportent sur Bacon, Leibnitz ou Newton. C'est à l'efficacité de leurs institutions que se mesure leur valeur. Le christianisme, lui aussi, se justifie par sa durée4; il correspond à un niveau de moralité, sur lequel il faut lui laisser exercer son action; il faut même la soutenir par des mesures appropriées, tout de même que Lycurgue inculquait le courage militaire et l'amour de la patrie dès le sein maternel.

C'est encore le pragmatisme politique de Bodmer, que le libéralisme de Shaftesbury ne fait qu'effleurer. La raison d'Etat

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