Ali, p. 414. Cf. L'Hymne nu S.-leil. au ch.ip. précédent
6. Theages oder Unterredungen von Sehôiiheit und Liebe, paru dans le r« mil des Prosaische Schriflen, 1758, avec un Vorbericht (A 11, p. 423). 1 n tirage restreint à douze ex. (A. Br., I. p. 287) ou à Hi ex. (Archiv f. Litt'esch., XIII,
l'éducation sentimentale 141
seulement en 1758, dans le recueil des oeuvres en prose, il se rapporte, de l'aveu de l'auteur, à sa « ferveur platonique » pour Elisabeth Lochmann l, donc vraisemblablement au début de 1755, l'époque aussi de son culte pour Shaftesbury 2. Parle sujet : la beauté et l'amour, et par sa forme dialoguée, il semble suivre de près Y Entretien de Socrate et de Timocléa. Comme, d'autre part, Wieland laisse entendre à Zimmermann, non sans réticences, que l'œuvre a trait à une situation délicate, et qu'elle doit d'être inachevée à une circonstance particulière 3, on est autorisé à l'interpréter comme une confession voilée.
On reconnaît aisément les personnages. Aspasie, que Wieland voudrait donner à son ami pour « de pure invention » 4, est évidemment Elisabeth, une Elisabeth un peu vieillie pour son rôle de tante, sans avoir d'ailleurs perdu, à cinquante ans, son goût romanesque, ni tout à fait l'illusion de rencontrer un Grandison. Sans renoncer au monde, elle aime à rêver dans son parc, dont la sauvagerie apprêtée, avec ses urnes moussues, ses statues mutilées et ses grottes peuplées de nymphes, accueille les motifs folâtres de la poésie et des tableaux qui occupent sa galerie : parmi ceux-ci se trouve à la place d'honneur le portrait des Grâces. C'est l'œuvre de son frère Thé âges.
p. 222)avait précédé, avec une dédicace «anecdotique », que W. a communiquée à Zimmermann en oct. 1758. Aucun ex. de ce tirage n'est conservé.
1. A. Br., I, p. 285 s. n Theages ist, wie die Natur der Dinge, die Frucht einer sehr heftigen und einer sehr platonischen Liebe, die ich zu einem Frauenzimmer trug, das schon iiber 40 Jahre ait war. Erkundigen Sie sien bei niemand als bei mir, wer sie wohl sein môge, so lieb Ihnen unsere Freundschaftist ». Cr. ABr., 1, p. 300 : « Ich verlasse mich auf Ihre Discrétion wegen des Ursprungs des Theages, den ausser Ihnen nur noch eine Person weiss... »
2. La composition est généralement reculée à 1756, sans doute sous l'influence de Gruber2 (I, p. 221). Ainsi Ofterdinger, p. 133; Prohle, p. 72; Walter [Chronologie, p. 92); Ermatinger (Welianschauung, p. 117 s.); Grudzinski, o. p., p. 165. Par contre, Budde, o. c, p. 50, propose 1755. Peut-être pourrait-on préciser le début de 1755, d'après une conversation notée par Ring, le 25 janv., où W. parle de son intention d'imiter la manière de Platon (Archiv. f. Litgesch., XIII, p. 494). Il est fait aussi allusion à Gessner [ib., p. 496). Cf. Theages, A II, p. 428.
3. A. Br., I, p. 287. « Hatte dièse philosophische Amourette nicht eine Diversion bekommen, so ware Theages kein Fragment. Voilà une petite anecdote, qui, au lieu de vous faire voir plus clair dans le caractère de notre bizarre ami. ne servira peut-être qu'à confondre encore davantage vos idées sur lui. Was tnl die Liebe nicht! »