ISCHER, p. 32, 44 s
2. Ib., p. 39, \1. " Mon âme, écrit Zimmermann à Iselin en 1760, n'est pas capable de plaisirs constants : j'ai une tète inquiète, qui a besoin d'être secouée, d'être agitée de toute manière. Une vie violente ne me convient, pas, une vie douce ne me convient pas davantage; la limpidité et le calme, et un continuel changement, voilà mon élément. »
3. Uber die Einsamkeil (dernière forme), 1784-5, III, ch. 8. « Schon in meiner ersten Jugend lùstete mich immer nacli feyerlicher Stille und landlicber Ruhe. Mich entziickte der Anblick eines Klosters. Ich atmete freier in einem abgelegenen Eichenwald und unter alten einsamen Mauern. Ruhe war mein taglicher Wunsch... Immer strecke ich anitzt noc.h vergebens meine Arme aus nach einer friedsamen Hutte diesseits des stillen Grabes, nach einem kleinen Laubdach..., in dessen Schatten ich zu erzahlen wùnschte, wie sehr ich die Einsamkeil liebe, wie sie allein mir oft die Herzstôsse der Traurigkeit verwandelt hat in siisse W'ehmut. »
ainsi de la raison querelleuse au vague à l'âme, de la prétention au besoin d'évasion, il était voué à la satire et à l'humour, ainsi que le discernait Breitinger.
Toutefois, cette duplicité de sa nature, cette oscillation continuelle entre « le sérieux et le badinage », étaient faites pour déconcerter Wieland, alors qu'il flottait lui-même entre le mysticisme et l'idéalisme esthétique de Shaftesbury. Comme il arrivera pour Rousseau, Wieland va se sentir à la fois irrité et attiré par cette raison qui prend parti contre elle-même, par cette légèreté qui lui glisse entre les doigts x. Avait-il affaire à un contempteur de la science et de l'esprit, ou à un moraliste qui se réclamait de Diderot, de Montesquieu, de Voltaire même? Piqué par la désinvolture du médecin, il commence par faire le philosophe; il le prend de haut avec cet esprit qui se moque de la logique 2, jusqu'à ce qu'il se laisse gagner à cette verve paradoxale, qui décontenance son idéalisme. Pour ne pas passer pour trop zurichois aux yeux du bernois 3, il sort de son attitude guindée, sacrifie au faux brillant qu'il avait feint de dédaigner4. « Ne sympathisons-nous pas en bien des points, si bien qu'il serait étonnant que nous ne soyons pas amis. J'aime votre cœur et votre esprit vif, curieux, audacieusement interrogateur... je n'aime pas seulement en vous ce que vous êtes, mais ce que vous pouvez et devez devenir 6. » Mais Wieland manque encore d'entraînement pour suivre l'allure de l'esprit de Zimmermann. Il se choque de ses cabrioles, s'empêtre dans ses propres contradictions. « Ne vous hâtez pas de conclure 6,
1. A Haller, 26 févr. 1756 : « La santé me donne delà vivacité et del'étourderie, le manque de commerce de la méchanceté et de la misanthropie. La première se manifeste dans les lettres à mes amis par ex., la seconde dans le sérieux, ce qui est destiné à la presse (Ischer, p. 38).