Das Leben des Herrn V. Haller
3. Z. le reconnaît dans la préf. de la Vie de Haller. Cependant, malgré les avis de son maître, il s'obstinait à écrire (cf. Ischer, o. c, p. 50). En 1755. il lui avait demandé le plan d'un ouvrage d'imagination « qui eût pour base la morale la plus exacte et la religion », dans l'esprit du Télémaque ou de Grandison (fb., p. 235).
4. A. Br., I, p. 305 : 11 avait envoyé successivement une ode sur le tremblement de terre de Lisbonne : Die Zerstdrung von Lissabon, imprimée en 1756 à Zurich, dont la première forme avait paru sous le titre : Die Rumen von Lissabon. A la Bibl. de Zurich se trouvent cinq autres manuscrits de 1756 :
1) Ode bei dem Anblick eines 5 mondigen Kindes, das seine liebenswûrdige Mutter in dem Kindbett verloren natte
2) Ode an meine abwesende Freundin.
3) Gedanken bei einem hellen Morgen.
4) Ode an die scliiine Frucht.
5) ii le à La Pentecôte, qui a été attribuée à Wieland, (Proleg., VII,
p. 10). Le n° 4 a été publié par Hamel dans son recueil de lettres à Tscharrrer. En 1758, Zimmermann soumet à W. une ode sur Frédéric 1 1 . que celui-ci condamne sans rémission. Elle parut en 1780 dans Schtvevserische Blumenlese de Burkli, I, p. 51 (Ischer, o. c, p. 246).
vation plus que pour la création, celui de l'essai moral. Aussi bien s'y trouvait-il disposé par son tempérament. Divisé contre luimême par le désaccord de ses aptitudes, impétueux et contemplatif, entreprenant et découragé, il était en outre retranché par son éducation française de son milieu, obligé de penser dans une forme qui n'était pas celle de son sentiment. Avant de se résigner à une situation qui l'humiliait, il avait pris l'air du monde à Paris, tenu compagnie, dans ses voyages, à un jeune Écossais de famille. Il n'en ressentait que davantage la médiocrité de son existence, souffrant d'être exclu « par son péché originel, le malheur de ne pas être bourgeois de Berne, de toutes les charges qu'on mérite par le savoir », et ne sachant pas, suivant le conseil de Haller, « trouver dans l'économie et le travail des ressources contre l'indigence, ni dans l'étude, contre l'ennui et le dégoût ht . Dans sa ville natale, il se trouvait délaissé et comme en pénitence, n'ayant d'autre recours, quoique jeune marié, que les livres et les multiples projets qu'il agitait. Il se morfondait d'impatience, accusant le sort et lui-même, pris entre le solide de la science et le brillant de la littérature, alimentant à la philosophie du siècle son humeur chagrine, dépité « de n'être en tout qu'un homme superficiel » 2. Un caractère problématique, tel que la deuxième moitié du siècle en produira beaucoup, tenaillé par la critique, intoxiqué de paradoxes, cherchant refuge contre le malaise de l'esprit dans la rêverie nostalgique et le goût de la solitude. Dès 1756, il avait découvert le thème romantique de sa vie : l'aspiration au recueillement, à l'oubli dans l'ombre d'un cloître ou au sein de la nature 3. Balloté