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domaine non seulement le monde visible, mais aussi le monde invisible : par leurs anges, Raphaël, Parmesan, Mignard n'ont-ils pas montré leur supériorité sur « les peintres vulgaires »? Ce n'est certes pas faute de soins que Wieland n'y réussit pas mieux, encore qu'il se soit assuré la gratitude de ses élèves 1. Il avait beau s'en défendre, il y avait en lui une bonne part de sophiste. Aussi n'était-il pas tenté de renouveler l'expérience : « J'ai assez à faire avec moi-même 2. »
Une occasion pourtant s'offrit pour se fixer en Suisse, selon le vœu qu'il en avait exprimé. A la faveur d'un réveil de patriotisme, il était question de fonder un institut fédéral d'éducation civique, en vue d'unifier la formation de certains fonctionnaires, et de reserrer les liens de la confédération. Iselin publiait le manifeste déjà ancien du Lucernois Ours de Balthasar : Songes patriotiques d'un confédéré sur le moyen de régénérer la confédération caduque s, qui mit en effervescence les patriotes comme Vincent Bernard Tscharner à Berne, occupé à son Histoire des Confédérés, Zimniermann, qui prêtait sa plume au graveur Herliberger, de Zurich, pour une « Galerie des hommes illustres de la Suisse », et Bodmer lui-même. Un étranger paraissait donner le plus de garanties d'impartialité, tant religieuses que politiques. 11 était naturel de penser à Wieland, à qui, comme le suggérait Zellweger, on pourrait octroyer droit de bourgeoisie dans les treize cantons 4.
Une bonne occasion, pour le jeune Souabe, d'afficher ses sentiments républicains. Dans les Réflexions sur le songe patriotique6 qu'il envoie à Iselin, il se déclare « citoyen de tous les États libres,