‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 196 sur 505 · A. Br. II, p · texte numérisé non relu

A. Br. II, p

2. Cf. Geiser : Beilràge zur Bernischen Kullurgesch. des 1S. Jahrh. 1891; Rodt : Bern im 18. Jahrh. 1901 ; Gruner : Deliciae urbis Bernae, 1732 (Berner Taschenbuch, 1880).

3. Sigmund Wagner : Novae deliciae urbis Bernae oder das goldene Zeilalter Berns. (Neues Berner Taschenbuch, 1916, p. 259 ss.)

Une société plus libre et plus gaie s'y formait ainsi en marge de la sévère aristocratie qui gouvernait la ville. V. B. Tscharner pouvait vanter :

le nombre considérable de jeunes personnes du sexe qui aiment les arts, la lecture, la conversation des livres et des gens de lettres, sans affecter de se séparer des habitudes de la vie civile; elles n'aiment point le jeu, sans le fuir; elles aiment la musique, les langues étrangères, la promenade et les entretiens des choses... Je vous avoue que c'est un de mes grands plaisirs de voir la vérité du tact moral et littéraire triompher chez d'aimables personnes des préjugés dont la bonne éducation est environnée l.

Parmi elles, Tscharner cite les demoiselles Sturler, Fels et Julie Bondeli. A ce cercle gracieux avaient part quelques érudits et amateurs : avec les deux frères Tscharner 2, Louis Lerber, un juriste qui se piquait d'écrire3, le bibliothécaire Sinner de Balaigues, qui venait d'éditer des poésies françaises du Moyen Age et traduisait Perse 4, le jeune « antiquaire » Schmid de Rossen, déjà lauréat de l'Académie de Paris pour ses travaux sur l'Egypte 5, l'orientaliste Samuel Kônig, l'ami de Henzi 6, les géographes Samuel Engel, Elie Bertrand, l'économiste Tschiffeli, les professeurs Stapfer, Wilhelmi, etc.. Cela constituait une « coterie » animée et intéressante, où l'esprit et l'ironie se donnaient libre cours.

Dans une telle compagnie, il convenait de dépouiller toute prétention, de faire montre d'une politesse de bon aloi, de savoir

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