Bodmer a Zimmermann, 23 mars 1 76 v. . Bern ni. lu auf
\\ ielandi I imd Boden. »
3. Notamment l'ironie des i rudits, i ne le bibliothécaire Sinner et l'orientaliste Si iiiin'i 'i Ro: sen, lui tut pénible, non moins que la distance d'un philosophe comme Schmid d'Auehstein, auteur de Réflexions sur divers sujets inu ressauts de morale et de politique 1 1 760), que Zimmermann loue comme mathématicien philos, dans une 1. inéditi i Hirzel Ce Schmid avait connu à Paris Fonte-
nelle el .1 Leyde La Mettrie; apn quoi il Eut w rni ur du duc de Weimar,
puis conseiller de b yntiu., a la unir il. Iian. mark. Or 1 il n'était rien moins qu'un admirateur de Wieland ». Cf. Hami i
i. Arch. f. Litgesch XIII, p -
il était sûr de ne pas manquer de considération 1, dût-il ne donner à la littérature que des heures perdues, se borner à de modestes travaux de traduction et de collaboration à des revues 2.
S'il s'arrêta à Zurich quelques semaines pour prendre congé de ses anciennes relations, Wieland évita Kùnzli à Winterthur, tant il était pressé, comme raillait celui-ci, « de prendre possession de son nouveau royaume 3 ». Mais il n'allait pas tarder de regretter, a dans une triste et barbare patrie », tout ce qu'il avait laissé en Suisse, à Berne même, où pourtant il s'était senti étranger et humilié 4. Ainsi qu'au retour d'un long voyage, il vivra quelque temps de ses souvenirs. Mais son âme, qui avait maintenant « repris sa forme naturelle », se détachera bientôt du passé. Il ne poursuivra de relations qu'avec son éditeur Gessner et avec Zimmermann, qui pouvaient encore lui être utiles. Tscharner, qui avait prévu que sa correspondance avec Wieland ne serait ni vive ni de longue durée6, refusera d'éditer Agathon, comme « trop hors de ce siècle », trouvant « qu'un homme vigoureux fait aujourd'hui la guerre aux préjugés de plus près ». A Berne comme à Zurich, Don Syli'io empêchera de déchiffrer, dans le roman d'éducation, a l'énigme de cet esprit de caméléon » 6.
De la Suisse Wieland avait donc tiré ce qu'elle pouvait lui donner de mieux, la connaissance de soi-même. Il savait ce qu'il
1. •< Je souhaite qu'on l'encense en Souabe autant qu'il peut l'espérer de l'extraordinaire attitude de ses concitoyens. » (A Hirzel, 4 juin 1760, inédit).
2. Cf. A. Br. ! , p. 132 ss. W. envisageait la trad. de Shaftesbury, de Xénophon, de Théocrite, des Géorgiques de \ ii île, des i | lires d'Horace.
3. Cf. Hirzel, p. 144. W. passa à Winterthur vers le milieu de juin, où il ne vit que le père de son ami Dietrich Sulzer, le bailli Johannes Sulzer. Martin Kiinzli en fait part à Bodmer le 16 juin avec quelque dépit : -Ce qu'il dit i M. Sulzer est une nouvelle preuve que la nature a oublié, en cri ant Wieland. son chefd'œuvre, de lui donner aussi la constance; tout en lui est parfait et tout est aussi inconstant ; il est lui-même tantôt un Dieu, tantôt à peine un singe. «
4. 13 août 1760. A. Br. 11, p. 142 ss.. plus complète dans Hamei, o. c, p. 58 ss.