‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 221 sur 505 · CHAPITRE VU BIBERACH ET WARTHAUSEN · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU BIBERACH ET WARTHAUSEN

A son retour à Biberach Wieland avait donné le décor d'une vocation politique. Par un « vote inouï dans un pays si corrompu et bouleversé », qui l'appelait à siéger au banc de la noblesse, en vertu d'un titre universitaire dont il ne pouvait d'ailleurs pas exciper, il se disait investi d'une mission quasi providentielle par le « vote du peuple ». Cette mission, il ne pouvait pas la refuser l, d'autant moins qu'à la considération s'ajoutait l'espoir d'en tirer des avantages substantiels. Vue de Berne, une carrière administrative se présentait même avec quelque dignité à un esprit « philosophique »; elle pouvait le disputer au service des Muses et des Grâces. Dans la débâcle de son idéalisme esthétique, un rôle dans la cité prenait quelque lustre. « Je vis clairement qu'en saisissant le moment favorable, je viendrais à bout de tous les propos que j'avais conçus depuis longtemps en sa faveur (de sa patrie). » C'était d'un autre prestige que l'enseignement dans une Université, ou même que le trafic littéraire -. Aussi Wieland avait-il quitté allègrement sa retraite helvétique pour courir la fortune de la vie publique 3.

Qu'il lui fallût bientôt déchanter, il connaissait assez la situation de sa petite république pour s'y attendre. N'arrivait-il pas à la faveur d'une intrigue, telle qu'il s'en formait généralement

1. A. Br., II, p. 137 s. : « Après avoir considéré toutes les circonstances et réfléchi sur tout ce qui devait entrer dans ma délibération sur le parti que je devais prendre, je crus entendre la voix de la Providence qui m'appelait à faire du bien à ma patrie. »

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