L. à Volz, 6 juin 1760 (Morgenbl., 1839, n
à propos d'une élection consulaire? « Je ne réussirais pas, écrivait-il à Tscharner, le 13 août 1760, à vous donner une idée nette des intrigues de notre état politique : il me suffira de vous dire que l'élection d'un consul romain, du temps de Clodion, n'était pas plus difficile, ni plus turbulente que celle d'un consul de notre chétive ville1... » Aux divisions organiques du régime paritaire, que la guerre de Sept Ans accusait encore, se mêlaient naturellement les dissensions intestines dans les partis rivaux, les compétitions d'intérêts et les tripotages inévitables 2. Mis en cause, Wieland se lamentera sur « le délabrement, la mauvaise économie, la police corrompue, l'indifférence totale avec laquelle on considère la ruine de l'État, l'imbécillité des dirigeants, l'immoralité du peuple, le mépris des lois, l'arbitraire du gouvernement... » 3.
En l'occurrence, il était même contraint de jouer un « rôle d'acteur principal, aussi odieux que nouveau pour lui » 4. Afin d'évincer la candidature du chancelier Johann von Hillern au poste de bourgmestre évangélique, une fraction de ce parti avait fait entrer Wieland au Sénat, comptant sur sa voix contre ce personnage de réputation douteuse, allié au curateur de l'Hôpital, « un des principaux destructeurs de la ville », et tout particulièrement hostile au pasteur Wieland5. L'auteur de tant de livres édifiants pouvait-il ne pas faire triompher la cause des honnêtes gens? Sa voix suffirait à départager les deux factions. Mais il s'agissait pour lui de faire montre « d'esprit socratique ». Il trempa aussitôt dans une combinaison qui, en mettant à la tête de la république ce même von Hillern, dégageait à son profit le poste de chancelier, lequel, à défaut de celui de « prêteur » (syndic) qui lui avait été
1. A. Br., II, p. 143 (plus complète dans Hamel, o. c, p. 58 s. en franc.).
2. Cf. Lutz : Beitrâge zur Gesch. d. ehemaligen Reichsstadt Biberach. Il fallut, f ii 1729, une exécution militaire pour venir à bout des difficultés créées par l'administration des bourgmestres Daniel Hillern et Sattelin (p. 320 s.). En 1752, le bourgmestre évangélique Gaupp et le curateur de l'Hôpital Hillern, à la suite d'une nouvelle intervention de Vienne, furent condamnés pour malversations (p. 332 s.).