‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 223 sur 505 · A. Br., II, p · texte numérisé non relu

A. Br., II, p

5. L. citée à Volz, 6 juin 1760, et E. Spiusger : Wiirt. Vierteljrsh. f. Landesgesch., XXII, p. 263. Le curateur de l'Hôpital mourut sur ces entrefaites et fut remplacé par le sénateur Gutermann v. Biber, promoteur de l'élection de \V. (A. Br., Il, p. 136 s.).

BIBERACH ET WARTHAUSEN 235

soufflé par un membre de cette même famille \ ferait son affaire mieux qu'il n'avait cru à distance. Il ne fallut que quelques invitations chez von Hillern pour le convaincre des « mérites » de celui-ci et des « intrigues égoïstes de ses adversaires ». Après six semaines de négociations « qui ne le cédaient en rien à celles d'un conclave », von Hillern était bourgmestre et Wieland chancelier, au grand émoi de ses propres partisans. « Ma conduite, en ces circonstances délicates, fut plus habile qu'on ne l'attendait d'un coup d'essai; ce qui me servit surtout, c'est que je feignis d'avoir peu d'espoir de réussir, et que je cachai si bien mes ressorts qu'à la veille de l'élection mes adversaires au conseil eux-mêmes n'arrivaient pas à compter une majorité en ma faveur, et étaient fermement convaincus de mon échec 2. » Ce que Wieland ne dit pas, c'est que l'affaire avait été menée par une main plus habile que la sienne, celle de la femme de von Hillern, la propre sœur de Sophie La Roche. Jolie et coquette, Cateau n'eut pas à faire beaucoup de frais pour s'emparer de son cousin et le détacher de Julie.

« Il en devint amoureux dès qu'il la vit », rapporte celle-ci; au bout de quelques semaines de séjour à Biberach, il la crut un modèle de perfection et l'appelait la seconde Panthée. Elle s'y prit habilement pour le gagner, et il eût fallu n'être pas Wieland pour lui résister. Contente de lui donner de l'amour, elle se garda bien d'en prendre elle-même. Il lui suffisait de le faire servir de jouet aux différentes passions de son mari et aux siennes... Le prestige finit en octobre, mais les conséquences politiques et morales n'en subsistèrent pas moins3...

Grâce à ce « joli coup », Wieland faisait figure d'intrigant, non seulement chez les catholiques, mais aux yeux de ceux-là mêmes

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