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BIBERACH ET WARTHAUSEN 239
fer l'intérêt de ses amis et à excuser ses propres inconséquences, perce néanmoins la satisfaction de se trouver à l'abri du sort, « dans un état qui suffît à la médiocrité de ses désirs » 1. Assuré de le conserver, il s'en accommodera fort bien, retranché dans sa bonhomie et dans son humour, mais tout de même dans son élément naturel, au milieu de petits bourgeois chicaniers et bavards, tenant sa place à l'hôtel de ville et dans les cérémonies officielles, et prêt à asseoir son existence civile dans l'ordre traditionnel. Il n'avait plus qu'à contracter un bon mariage et à faire souche 2.
Mais c'était bien le point délicat. A Biberach, tant que le procès n'était pas résolu, il y avait eu peu d'espoir de trouver la femme « jolie, intelligente, aimable et riche autant que possible » qu'il lui fallait3. Après quelques tentatives malheureuses, il s'en remettait volontiers à ses parents, à Cateau, à Sophie, à Zimmermann ou à Gessner. S'était-il assez laissé berner par son imagination fantasque pendant les premières années qui suivirent son retour! Il avait vécu un « roman perpétuel », que Julie Bondeli n'arrivait pas à débrouiller d'après les échos qui lui en parvenaient. « Au mois de décembre (1760), écrivait-elle à Zimmer-