Briefe ùber das Publikum, 1768. Cf. D. lir., 1, p
BIBERACH ET WARTHAUSEN 263
table esprit philosophique, allié à un esprit aussi alerte, à un goût aussi fin et à une si agréable fantaisie lucianique. » Si l'impressionnable auteur s'exagère les qualités et la portée de l'esprit de son correspondant, il est attiré par la grâce et la désinvolture de sa critique. Que Riedel se garde avant tout de gravité académique, qu'il ne devienne pas trop sérieux ! « Les esprits de Lucien, de Cervantes, de Montaigne et de Sterne défileraient en faisant la moue et en riant aux éclats ! 1 »
Il faudra le contact personnel et l'exécution sévère de Lessing et de Herder pour ouvrir les yeux à l'auteur de Musarion sur les dangers de ce caractère souple et intrigant. A Erfurt, il verra Riedel gaspiller son talent et sombrer dans une agitation désordonnée. Karl-Friedrich Bahrdt, qui en fut aussi témoin, oubliant qu'il lui devait sa situation, le juge sans bienveillance dans ses Mémoires : « Il était, rapporte-t-il, versatile, trop suspect pour être cru sans réserve, et dissipé... Sa conversation était faite de saillies, de traits satiriques, de gaudrioles et de grimaces... 2. «Mais il promettait alors davantage, même à l'auteur des Lettres Antiques3. S'il prêtait facilement au ridicule4, Riedel ne manquait pas d'allant ni d'obligeance. Il s'est laissé entraîner par Klota à de basses besognes de pamphlétaire 5, qui le déconsidéraient auprès des littérateurs sérieux, mais il a participé à la fondation de la Bibliothèque de Halle 6, pour laquelle il demandait la collaboration de Wieland; il était lié avec Gleim et Jacobi, honoré de l'appui du ministre Kaunitz à Vienne, et se flattait même de la faveur