‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 252 sur 505 · Bibl. d. Sch. Wissenschaiten · texte numérisé non relu

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des petites cours thuringiennes 1. N'avait-il pas été appelé à Erfurt pour inspirer les réformes envisagées à l'Université par le Gouvernement de Mayence? 2 On verra plus loin l'activité qu'il y a déployée pour relever la vieille institution 3. Si, par égard pour KJotz, il n'avait pas osé y faire venir Lessing 4, il s'employa de son mieux, afin de lui donner du lustre, à la nomination de Wieland.

L'initiative n'est-elle pas venue de Wieland lui-même? Tout en cajolant son nouvel ami, en lui faisant envisager sa participation à un manifeste que la semonce de Lessing a arrêté (« Il ne faut pas se donner en spectacle ! ») 5, il s'était renseigné sur la situation de l'Université, que Riedel lui présentait sous un jour séduisant. Ne s'y trouvait-il pas l'homme de confiance du curateur, le familier du Statthalter, chez qui l'on menait joyeuse vie? Avec une bonne table et le ton déluré, l'ancien hôte de Warthausen ne s'y sentirait pas déplacé : « Savez-vous, écrivait-il à Riedel au début de juin 1768, que j'envie votre situation agréable et tranquille? » La perspective de ce compagnon aimable, d'un milieu plus favorable à sa carrière l'emportait sur l'aversion que Wieland avait de la vie académique. L'enseignement n'y serait d'ailleurs que la moindre part de l'activité qu'il prétendait y déployer. Appuyé par Mayence, où il était en faveur, il aurait à tenir le premier rôle dans le redressement de l'Université; entrant dans les vues du gouvernement, il serait appelé peut-être à monter sur une scène plus vaste. N'était-il pas préparé par Warthausen au jeu politique? Seulement il entendait ne pas se laisser brimer par des cuistres. Il fallait qu'on le dispensât des formes d'usage. Il était trop vieux pour subir un examen, pour se soumettre à une disputation académique6. Allait-il solliciter une venia legendi, alors qu'il détenait, de par sa « lettre comitive », le pouvoir de créer des doc-

1. Dans sa défense, lors du procès de Vienne, Riedel se prévalait d'avoir été reçu dans les cours de Cobourg, de Meiningen, de Gotha, de Weimar.

2. Cf. sa correspondance avec Klotz au 4e vol. des Schriflen.

3. Riedel fonda à Erfurt Y Erfurler gelehrte Zeilung (1769 à 1771) et la Philosopkiscke Bibl. (1768).

4. Boxberceb : Jahrb. d. kgl. Akademie gemeinniitziger Wissensch. zu Erfurt, N. F. VI (187()|, p. 104.

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