D. Br., I. p
lui cause « la pire douleur qu'il ait jamais éprouvée? » 1. En fait, il avait passé l'âge de l'engouement, lui qui, deux ans plus tôt, avait dédaigné l'amitié de son compatriote Frédéric-Daniel Schubart, le trouvant trop enthousiaste, et sans doute trop allemand -. Mais il avait besoin pour partir de cette illusion.
Il quitta donc Biberach le lundi de Pentecôte, après avoir résigné en bonne et due forme ses fonctions3. Les autorités se sont montrées « très gentilles, et moi je suis charmé d'en être quitte »4. Il emportait le titre de « citoyen de Biberach », dont pourraient user sa femme et ses enfants, « pour les services rendus par lui et sa famille depuis plus d'un siècle ». Il n'eut d'ailleurs pas à en faire état, car il ne revit jamais sa ville natale. Son père y mourut trois ans plus tard, et sa mère vint le rejoindre à Weimar. Quant à ses concitoyens, il les abandonnait sans regret à leurs tribulations abdéritaines 5. Dans la diligence qui l'emmenait avec sa jeune femme et sa petite fille Sophie, encore au berceau, la servante Flore, son secrétaire et quelques caisses de livres et de manuscrits, il n'eut de regard que pour Warthausen, « où il laissait la moitié de son cœur » : les amis La Roche, qui se disposaient à se transporter à Bônnigheim et lui avaient confié leur fils aîné Fritz. Mais déjà il rêvait à l'impression qu'il allait faire, avec sa « mine