Lit.-Briefe, 17 (Hempel, 9, p
de La Place l. Après les ballons d'essai lancés par les critiques allemands, depuis Elias Schlegel jusqu'à Mendeissohn et Lessing, les circonstances favorisaient l'introduction en Allemagne d'un Shakespeare, sinon complet, du moins suffisant pour satisfaire la curiosité : « Il serait bien extraordinaire, faisait remarquer Wieland à son éditeur zurichois, que le Shakespeare allemand ne se vendît pas rapidement, car il n'y a sans doute pas d' œuvre plus divertissante, et elle est faite pour plaire à tout le monde 2. » Ce n'est qu'en 1762 cependant, qu'il réussit à décider Gessner, s'assurant ainsi une ressource appréciable, dans la situation critique où il se trouvait à Biberach 3. A Shakespeare devaient s'adjoindre, en cas de succès, d'autres drames de Ben Johnson, Fletcher, J. Sukling et « autres de cette sorte »4. Une fois lancé, Wieland comptait livrer trois volumes par an 5.
En réalité, il avança beaucoup plus lentement, n'ayant pas supputé les difficultés de sa tâche, ni même arrêté l'ordre et l'étendue de son programme. Il ne tarde pas à gémir de son « travail de galérien », s'en remettant finalement à l'éditeur du nombre et du choix des pièces 6. C'est ainsi que sa traduction s'étire sur six
1. Cf. JUSSERAND : Shakespeare en France sons l'ancien régime.