‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 274 sur 505 · Archiv. f. Litgesch. VII, p · texte numérisé non relu

Archiv. f. Litgesch. VII, p

suite, Agathon est relégué dans un avenir hypothétique, Wieland s'étant mis à ses Contes Comiques. Si, au cours de l'été 1764, il réclame le manuscrit d' Agathon, en vue de reprendre le travail 1, il n'envisage plus la publication que pour 1766, et encore dans une forme resserrée 2. Mais voilà que son mariage retarde la mise en route de cette rédaction finale. Seule, la première partie peut être envoyée au cours de l'hiver suivant, achevée à une allure précipitée 3, pour paraître à Pâques. Après quoi, nouveau répit en faveur d'Idris et de Musarion, et il faut la contrainte de l'éditeur pour que la seconde partie soit bâclée en quelques mois l'hiver suivant, et paraisse avec retard au printemps 1767 4. Elle restait d'ailleurs inachevée, réservant à une prochaine édition, que rendaient déjà nécessaire les imperfections de la première 5, l'histoire de Danaë et le dialogue d'Agathon avec Archytas 6. En présence de l'indifférence du public, cette refonte fut d'ailleurs ajournée. Une première fois, le travail s'était arrêté après l'épreuve d'Agathon à Smyrne, comme si Wieland avait perdu son intérêt à l'ouvrage ou aux aventures de son héros. Quand il le reprit, il avait lui-même passablement changé; il se trouvait guéri de sa fièvre sentimentale, n'avait plus qu'ironie pour les débats qui agitaient Agathon, ne répondant pas qu'à quarante ans, il ne revînt dans les bras de la belle Danaë, dont il s'était arraché à vingtcinq 7. C'est que Wieland avait vérifié que l'existence est un « mouvement incessant », où « tout bonheur se paie et où toute perte

I A. Br., II, p. 210; D. Br., I, p. 11 ss.

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