Holtei : 300 Briefe aus 2 Jahrh. 1872, p
3. Gross suppose que W. avait envoyé les fragments le 20 février 1764. Mais, le 10 mai 1765, W. semble ignorer encore où en était restée l'impression, et il a besoin le 11 juill. de son manuscrit pour reprendre le fil du récit. La soudure semble se placer plus loin que la coupure du manuscrit. Le 5e livre devait être ébauché, d'après la lettre du 30 sept. 1762. (Archiv. f. Litgesch., VII, p. 491.) Peut-être le <o' livre était-il entamé, car Gessner le reçoit, avec les premiers chap. du 7e. dès nov. 1765. (D. Br., I, p. 27.) Cf. Archiv. f. Litgesch., XI, p. 523.
4. C. Bertich : Journal f. Lit. Kunst, Luxus und M ode, Weimar, 1814, p. 564; Archiv. f. Litgesch. VII, p. 506; XI, p. 523; D. Br., I, p. 35, 45, 55, 62.
5. Archiv. f. Litgesch., VII, p. 515, 517; D. Br., I, p. 75; A. Br., II, p. 304. La première édition parut sans nom d'auteur ni d'éditeur, avec un lieu fictif (Leipzig und Frankfurt), après que W. eut déclaré qu'il signerait le roman. (D. Br., I, p. 7, 10.)
6. Abdankung an den Léser fin du deuxième vol. Cf. Vorbericht, 1794.,
7. A. l'.r., 11. p. 203. Cf. p. 194 s. et Vorbericht, 1794. (H. L. p. 56)
se répare »*; que « le milieu a plus d'influence sur la sagesse et la vertu que ne le pensent les moralistes » 2, et qu'à moins de vouloir vivre dans un désert, il faut bien réformer ses idées sur la vie 3. Il avait donc glissé davantage au sensualisme sceptique et ne se gênait pas pour le laisser paraître : « Les moralistes crieront au scandale, et moi je leur rirai au nez ! 4 » Son expérience s'était enrichie de son aventure avec la « petite magicienne » de Biberach et de la société de Warthausen. Il avait perdu beaucoup de ses illusions sur lui-même, reconnaissant « combien il était loin d'être sage » et vertueux comme il s'était imaginé.
Or, n'avait-il pas entrepris ce roman, précisément pour défendre son caractère moral contre les témoignages de la vie réelle? N'avait-il pas cru pouvoir séparer des vicissitudes de la sensibilité, l'idéal auquel son esprit était attaché? C'est ainsi qu'il s'était fait fort de prouver à Julie Bondeli, qu'il se retranchait dans l'amitié, que son amour était un culte de la « Vénus morale », même si l'instinct se mêle à « l'aspiration au beau, au bien, au sublime » qui lui était naturelle. « Vous devez me comprendre, expliquait-il à Zimmermann, sinon les volumes que j'écrirais ne feraient qu'embrouiller davantage mes explications 5. » Tel était le nœud du problème psychologique à résoudre : il s'agissait de mesurer aux possibilités des circonstances la vertu d'Agathon; il fallait ramener cette vertu à ses limites, l'adapter à la vie et l'assagir. Quid virtus, quid sapientia possit ; la formule horacique, mise en exergue, s'entendait aussi bien comme une résignation que comme un programme. Elle impliquait la capitulation de l'idéalisme et tout de même sa prétention à lutter contre l'empirie. Que devient, dans la dégradation de l'enthousiasme, le vœu auquel il était lié? Le changement dans l'esprit n'affectera-t-il pas la conviction morale et la conduite?6