‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 280 sur 505 · Euph. V, p. 754 ss.; Wildstake, Diss. citée · texte numérisé non relu

Euph. V, p. 754 ss.; Wildstake, Diss. citée

2. Wildstake signale l'analogie entre l'éducation de Cyrus et celle d' Agathon, l'un et l'autre subissant l'initiation successive aux doctrines philosophiques et religieuses. W. écrit à Gessner (D. Br., I, p. 75) : « Die Religion wird ein hauptsâchtlieh Objekt darin sein... » Agathon, tout comme Cyrus, devait se rendre dans les sanctuaires de l'Orient et être initié aux mystères orphiques.

3. Dans les Voyages de Cyrus, le héros interrogeait les mages, détenteurs des secrètes vérités; on devinait Spinosa, les déistes, les sociniens, le » chrétien parfait ». (Préface de 1730.)

4. Chérel, o. c, p. 146. Dans sa préface, Ramsay déclare (p. vin) : » Il veut montrer les progrès successifs de l'esprit humain dans la recherche de la vérité, comparer les religions, les gouvernements et les lois des différentes nations, former le législateur plutôt que le conquérant. »

5. Comme Wildstake l'a souligné, la préface de W. contient des si précis de celle de .Seilws. Terrasson déclarait « ne pas s'assujettir à des fai

Procédant ainsi du roman d'éducation, Agathon se trouvait orienté vers une forme conventionnelle, dont il retient la disposition et le cadre. Pas plus que dans ses ouvrages précédents, Wieland ne s'y montre « un génie créateur », lors même qu'il prétend « tout tirer de son propre fonds » 1. Les principaux motifs se trouvaient déjà dans le roman de Ramsay : l'enfance contemplative dans le temple de Delphes était donnée par l'histoire de Zoroastre; la dispute philosophique avec Hippias était préparée par celle de Pythagore avec Anaximandre sur l'amour; la description de l'état politique d'Athènes par le tableau qu'en fait Solon à Cyrus; l'expérience du gouvernement à la cour de Syracuse, par la leçon de Minos 2. Le dessin romanesque n'est d'ailleurs qu'une convention commode, dans laquelle s'ordonne le développement moral. Il fournit les situations auxquelles s'applique la réflexion. Du jeu du hasard, le poète tient si apparemment les fils que le monde extérieur n'est que la trame de sa broderie.

Aussi n'est-ce pas tant vis-à-vis du monde qu' Agathon aura à prendre position, mais bien vis-à-vis de lui-même, réfléchissant les impressions ou les sentiments qu'il en prend sur le miroir idéalisateur de sa conscience. Au lieu de se plonger dans la vie, il ne fait que se prêter à des tentatives, s'éprouver dans des rôles, quittés dès qu'ils mettent en échec son idéal subjectif. L'important n'est pas pour lui ce qu'il entreprend, mais la façon dont il motive ses entreprises et l'exemple qu'il veut donner. Le roman se propose d'être « utile, indispensable » 3 par les considérations auxquelles il se prête. Au lieu du projet philosophique, qu'il ne peut exécuter à Biberach, Wieland s'attache au problème moral, tel qu'il lui était proposé par sa propre complexion 4, accusant par l'ironie

où les circonstances de la vie jettent plus de dérangement », et « se rendre maitre non seulement des actions, mais encore des pensées de tous ceux qu'il fait agir ».

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