Vorl. Anmerk. (A I, p
6. Ib. A I, p. 7. W. se réfère à Platon (Timée), mais il est douteux qu'il le connaisse déjà. Cf. Dôll, Wieland und 'die Antike. Progr. Miinchen, 1896.
qu'avec les pyrrhoniens. Il rêve, mais les yeux ouverts. Rompu à la dialectique, il ne se fait pas faute de jouer du pour et du contre, que ce soit au sujet de Descartes ou de Leibnitz 1. Manière de sauvegarder sa liberté d'esprit, d'échapper à la rigidité des doctrines, il n'adhère délibérément à aucune école. Si séduit qu'il soit par l'idéalisme, il ne quitte pourtant pas le terrain mouvant du relativisme 2.
A quoi il tient, c'est à l'unité et à l'ordonnance de sa représentation. Par orthodoxie ou goût de symétrie, il conserve le dualisme cartésien 3, mais c'est pour affirmer l'union de la matière et de l'esprit. A l'esprit infini, il donne comme support ou comme forme la matière infinie4. Si Dieu n'est pas l'univers, il en est l'âme, il le crée sans cesse sans l'achever jamais. Il est la source de laquelle tout procède et à laquelle tout aboutit, le principe et la fin. C'est par la perspective d'une évolution illimitée que Wieland a été conquis par o le Platon des temps modernes ». Mais au lieu de n'envisager que des énergies spirituelles, Wieland considère la progression des êtres. De l'atome à l'étoile, rien qui ne soit animé et ne tende à une existence plus haute 5. Après que Meier l'eut accordée à l'animal, pourquoi Wieland refuserait-il une âme au végétal, voire au minéral6? Pourquoi arrêter l'ascension de la vie? « Ah ! si ton regard pouvait pénétrer jusqu'au sein des esprits.
1. Cf. la polémique contre Leibnitz, Ch. III, V. 549 ss. (A I, p. 67 ss. supprimés par la suite) et aussi Ch. I, v. 283-348 (A I, p. 22 ss.). Dans le Vorbericht de 1762, W. s'excusera de son impertinence ».
2. Hoppe accentue davantage le rationalisme du jeune \V. (o. c, p. 37). Il oppose un « faustischen Erkenntnisdrang » au relativisme.