c. VII, 1 (H. II, p
nuent considérablement », que « résister à la tentation, c'est souvent céder à une autre plus forte » l, Agathon a peine à se défendre de son juvénile enthousiasme. A la « lumière naturelle », les aventures de l'imagination ne sont certes plus que des divagations, au mieux, des anticipations confuses sur le développement à venir 2. C'est ainsi qu'au rêve d'amour avait succédé le rêve héroïque : son auteur n'avait-il pas cédé de même à une utopie politique, dans son ambition « de ramener la réalité à la ligne de démarcation du beau et du sublime »? 3 Après son échec, Agathon n'avait à incriminer qu'un défaut de prudence et son inexpérience, mais non pas son talent ni sa vérité; il pouvait accuser la corruption de ses concitoyens sans cesser de croire à l'humanité ; reconnaître que la politique n'est pas l'affaire du poète ni du philosophe, et se persuader qu'elle était sa vocation. Pour se consoler de ses déboires, il avait toujours son idéal 6. Que lui importait la république, s'il possédait le secret du salut!
A cet illusionisme de son amant, Danaé se rend compte de la vanité de son espoir : elle ne saurait le retenir, alors qu'il n'est épris que de sa chimère, ni rivaliser avec un rêve de perfection qui embrasse toute beauté de l'âme et tout charme spirituel8. Agathon, comme elle voit, est un hédoniste plus raffiné qu'Hippias et même qu'Aristippe. « La seule différence, à ce qu'il lui semble, c'est qu'au lieu de placer la volupté dans la sensation, ou dans l'intelligence, il la mettait dans l'imagination; au lieu de jouir des plaisirs du goût et d'un commerce libre de passions, il se délectait d'une vision qui lui faisait d'ailleurs gagner plus que perdre du côté des sens 7. » Agathon est à la merci de ses impressions. Au premier choc, il se détachera « sans un soupir », se figurant « se retrouver soi-même »,