a. VII
WIEL/ND
VIII, 1 (H. II, p. 52).
VIII, 2 (H. II, p. 64).
c. VIII, 5 (H. II, p. 77).
c. VIII, 6 (H. II, p. 81).
c. IX, 1 (H. Il, p. 84).
et tout interdit de s'être laissé asservir « par une Circé ». « Comment a-t-il pu se laisser prendre à des filets aussi apparents? »
Le lecteur sait à quoi s'en tenir sur le vrai motif de ce retour à la vertu. Il est averti que « l'amour-propre est un des ressorts les plus puissants » 1. Il doit pénétrer avec l'auteur « jusque dans les régions obscures de la conscience, embroussaillées de notions arbitraires, d'idéologies creuses, d'équivoques, de prudes préventions » 2, afin de ne plus être dupe des « grands mots » ni de la « passion romantique », une affection aussi étrangère aux Grecs que « le sentimentalisme ridicule » issu de « l'imagination romanesque de certains écrivains féminins » 3. L'enthousiasme le plus innocent dans une âme enfiévrée recèle un poison subtil, d'autant plus dangereux qu'il est plus lent à agir. L'idylle de Delphes n'aurait-elle pas abouti, sans l'intervention de la pythie, « là où l'attendait la nature »? A l'adolescent impatient, Wieland souhaite de rencontrer une Aspasie, une Leontium, une Ninon.
Sans son égotisme chimérique, Agathon aurait su gré à Danaé des effets favorables de son commerce, « pour sa tête, son goût et même ses mœurs ». Mais il n'éprouve que l'humiliation d'avoir été dupé. Plutôt que de rapporter son erreur au faux jour « dans lequel se confondent les contours du vice et de la vertu, et dans lequel la conscience se perd sur un sentier qui tourne en spirale autour d'un axe où elle s'oublie » 4, il s'en prend à sa « philosophie », aux sortilèges de son « cœur »; il se demande si le témoignage intérieur, dont il s'était prévalu contre le sophiste, n'est pas un critère équivoque, si la « théosophie orphique et zoroastrique » contient plus de vérité que les mythes charmants par lesquels les poètes et les artistes transfigurent la volupté5. Sa foi lui devient suspecte, sans que « sa raison parvienne à s'accorder avec son cœur, ni son cœur avec lui-même ». Pour échapper à sa propre diversion, Agathon s'élance vers une perspective qui flatte son orgueil. L'aspiration héroïque devient le subterfuge de sa « vertu ». Il se rend à la cour de Denys de Syracuse.