Préface a la traduction (1767). Cf. A. Br.. !I, p
de Denys à la situation de celle de Stuttgart? 1 La « bile », que la rupture avec Warthausen avait donnée à l'auteur, avait effectivement transpiré dans la seconde partie du roman, ajoutant au naturalisme psychologique un persiflage acerbe 2, qui rapprochait Agathon du conte philosophique, lui donnait comme un air de Y Ingénu et de Candide*, et l'éloignait d'autant de la Nouvelle Hélolse et même de Tom Jones*. La note d'humour, de dérision badine, s'était portée, de don Sylvio et des contes comiques, écrits entre temps, sur le roman. « Je me suis mis en tête, écrivait Wieland à Zimmermann le ;i décembre 1767, qu'il ne serait pas inutile qu'un poète peignît les héros tels qu'ils sont réellement... en une espèce de don Quichotte 5. »
1. On pouvait voir, dans la disgrâce d' Agathon, une allusion à J. J. Môser, emprisonné de 1759 à 1764 par Karl Eugen, qui d'autre part avait fondé, en 1761, une Académie des Beaux-Arts, comme le fait Denys. Cf. les remarques satiriques a. IX, 5 (vol. II, p. 182 s.); c. XI, 4; H. III, p. 26; ainsi que a. IX, 3; c. X, 3; H. II, p. 150; a. X, 1 ; c. XII; 2; H. III, p. 42.
2. Bericht an den Léser (b. X,4);D.Br. I,p. 35,37 : « Itzt, da ich zum geselligen Umgang und zum freundschaftlichen Leben am besten taugte, bin ich ohne Hoffnung auf ewig von aller Gesellschaft sequestrirt - denn die Gesellschaft in der ich hier zuweilen l'Hombre spielen muss, taugt ohngefâhr so gut zu meiner Gesellschaft, als die Tiere im Paradies fur den Miltonischen Adam.» Cf. Raumer, p. 423.
3. Voltaire est cité : a. VIII, 7 (vol. II, p. 76); Diderot, a. XI, 3 (vol. II, p. 321). W. laisse d'ailleurs entendre qu' Agathon n'est pas un roman (a. XI, 1; vol. II, p. 299). « Doch so viel kdnnen wir wohl sagen, dass er (der griechische Autor) niemals daran gedacht hat, einen Roman zu schreiben, wie sich vielleicht manche, ungeachtet des Titels und der Vorrede, zu glauben in den Kopf gesetzt haben môgen. Und da dièses Buch, insofern der Herausgeber Teil daran hat, kein Roman ist, noch einer sein soll... » Il avait précédemment invité le lecteur à lire son Agathon avec plus d'attention « qu'un roman dujourfrançais» (a.VIII,4 ; vol. II, p. 39).
4. Le second vol. se ressent particulièrement de l'humour de Fielding. Celuici n'a-t-il pas voulu montrer, contre Richardson, combien dans la pratique la vertu court de risques, même si les vaincus sont mieux partagés que les méchants dont < les succès ne peuvent compenser la perte de cette consolante tranquillité de l'âme, compagne inséparable de l'innocence » (Ëpître dédicatoire de Tom Jones à Georges Lyttleton. Cf. préface de J. Andrews)? W. préfère la sagesse de la vieille Shirley à la vertu des Clémentine ou Henriette. Il placerait son portrait en regard de celui d'Archytas (a. XI, 2; vol. II, p. 307). L'influence de Fielding sur la technique du roman a été trop souvent relevée pour qu'il soit nécessaire <J'y insister.
5. A. Br., II, p. 292 s. Cf. a. V, 10; vol. I, p. 211; XI, 4; vol. II, p. 342 : « Unsere Pflicht ist zu erzâhlen, nicht zu dichten, und wir konnen nichts dafiir, dass Agathon bei dieser Gelegenheit sich nicht vveise und heldenmàssig genug, um die Hochachtung strenger Sittenrichter zu verdienen, verhalten, oder wenn
Du dédoublement, de plus en plus accusé, de la matière épique et du propos didactique, de cette réflexion critique, qui contrariait avec une désinvolture affichée l'intérêt du lecteur pour le héros, et le détournait vers la vérité « ésotérique » de l'ouvrage, comment l'effet qu'il devait produire n'eût-il pas souffert? Une opposition trop marquée dans le ton et la manière des deux parties, le mélange de vérité et de fantaisie, d'histoire et de philosophie, de convention littéraire et de peinture satirique, de sérieux et d'ironie, déconcertait. Si Wieland se plaignait que personne ne saisît « l'intention et le sens de l'ensemble, l'esprit de l'ouvrage 1 », n'a-t-il pas à s'en prendre à lui-même? La Bibliothèque de Berlin n'avait pas si tort de lui conseiller le dialogue philosophique plutôt que le roman, et de l'engager à se faire « le Platon de l'Allemagne 2 ». Lessing lui-même ne savait trop s'il devait tenir pour un roman cette œuvre, dont il vantait le goût classique. Wieland en avait-il une idée artistique plus flaire?3
Lorsque, en 1771, il se laissa persuader par Fr.-H. Jacobi de le remanier, ou plutôt de l'achever, il n'apparaît pas que la conception eût pris plus de fermeté4. S'il importe à Wieland, en corri-
Danae die Rechte des weiblichen Stolzes nicht genug behaupten sollte, als viele andere, welche dem Himmel danken, [dass sie keine Danaen sind, an ihrem Platze getan haben wtirden. >•