Vorl. Anmerk. A I. p
5. Dans son Essai de Psychologie (1754), Bonnet reprend celle hypothèse qui, selon Hoppe, aurait été inspirée à W. par Leibnitz. W. reconnaît qu'elle ne va pas sans difficultés, i Die Geburt der Ideen bleibt eine Aufgabe, deren Auflosung uns in bessern Welten bevorsteht. » (A [, p. 1 1.)
6. Ch. I, v. 770 ss. (A I, p. 35) et ch. II, v. 80 ss. (A I, p. 38).
grâce qu'il existe, il est poussé par le même instinct 1. » Après lui se poursuit, en d'autres cycles, la progression. Mais que ce soit en une étoile encore invisible ou sous un firmament encore incréé, ce sera toujours la vie et jamais le repos auquel elle aspire 2.
Perspective dans laquelle se perd cette imagination idéologique, qui ne supporte pas la restriction. Ne contient-elle pas l'éternité, tout en faisant oublier l'exiguïté du destin terrestre, qui n'épuise pas notre curiosité ni notre espoir? Qu'importe que la réalité nous échappe, si nous ne devons connaître ici-bas « que le côté éclairé des choses », une faible portion de l'univers? Dupes de nos sens, nous n'avons peut-être affaire, comme dans la caverne dont parle Platon, qu'à des simulacres. « La nature nous induira en erreur, tant que nous éprouverons la limitation d'une créature, c'est-à-dire à jamais »3. Mais est-ce à désespérer, à se détourner du présent, si tout doit venir à son heure? Plutôt que de vouloir anticiper, il importe de vivre l'existence qui nous est impartie, même si elle ne nous donne que l'illusion, même si elle n'est qu'un jeu inconsistant de l'âme. Car il y a tout de même le plaisir et la souffrance4. Et notre monde ne manque pas de sujets d'émerveillement, de motifs de joie. Ce que Wieland a appris par Baumer des secrets de la nature, par Fontenelle de la poésie des espaces, lui suffirait pour attacher l'esprit à son séjour.
Mais le jeune poète n'a-t-il pas à se féliciter d'une faveur insigne? II ne lui appartient pas seulement de suivre le sentier sur lequel la fortune l'a placé, et d'y remplir sa vocation. Plus heureux que le commun des mortels, il lui est donné, à lui dont « le cœur est trop grand pour cette terre » 5, de se transporter dans un autre monde, et d'y goûter un bonheur sans nuages. Avant même que