‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 352 sur 505 · IV, str. 36 (H. .XVI, p · texte numérisé non relu

IV, str. 36 (H. .XVI, p

6. I, str. 19 (H. XVI, p. 11) et V, str. 33 s. (H. XVI, p. 83).

comme l'éprouve Zerbin à la vue des charmes de Lila. Elle évoque le mouvement plus qu'elle ne fixe une attitude; même quand l'épée magique d'Idris immobilise la bacchanale dans le château des Centaures, le poète abandonne à un sculpteur tel que Puget ou Nahl la représentation de ces corps arrêtés dans leur élan, satyres hilares entraînant dans la danse des ménades échevelées et récalcitrantes, de même qu'il s'en remet à Boucher ou à Rubens pour suspendre dans sa course une nymphe poursuivie, ou pour montrer telle autre « repliée sur le bras de l'amour », en une attitude « qui la fait sentir jusqu'au bout des doigts » 1, et celle-ci encore, alanguie sous un buisson de roses.

Wieland ne se laissera pas « tirer l'oreille » par l'auteur de Laocoon, en essayant de rivaliser avec les arts plastiques 2. Mais son vers n'en est pas moins pénétré de sentiment esthétique; en écartant la séductrice, la main d'Idris « cède à une impulsion plus douce ». L'auteur sait suggérer les formes plus épanouies de Rubens, aussi bien que les formes vaporeuses du Corrège3. Imagerie de tapisserie, sans doute, d'un accent mièvre et d'un dessin sans relief; mais, dans son cadre conventionnel de miroirs d'eau, de pavillons, d'urnes, de balustres et de tritons, évocatrice quand même du plaisir. C'est en vain que douze nymphes arrosent la torche que brandit Eros : « Il sourit et elle brûle toujours » 4. Qu'importe que cette décoration voluptueuse n'appelle qu'un regard distrait, ou ne provoque qu'un sourire blasé, « le monde serait bientôt vide de fous et de héros, si l'on se laissait conduire par la raison »6.

C'est à ce titre que le fragment se recommandait aux dilettantes, comme une ironisation de la morale reçue par le jeu de la fiction, comme une libération de l'esprit par le charme de la forme. Qu'il ne soutienne pas la comparaison avec l'Arioste, autant que le

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