‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 351 sur 505 · II, str. 62 (H. XVI, p · texte numérisé non relu

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prenne de l'ellébore, et il perdra la moitié de son plaisir 1. » A défaut de l'innocence du cœur, qui se réjouit d'une fleur, d'un papillon, d'un sourire 2, il reste l'illusion de la grâce.

N'est-il pas vrai, Madame, s'il est arrivé à votre vertu de s'engager dans un bosquet discret, sous une tonnelle de roses, à la fin du jour, seule avec un ami, — peut-être sous la clarté tendre de la lune — n'est-il pas vrai qu'il s'agitait en votre sein délicat un je ne sais quoi qui n'a pas de nom dans la langue des muses? Vous vous sentiez — sans savoir pourquoi — si languissante, si émue! Distraite, plutôt, délicieusement perdue dans vos rêves, et, si vous aviez songé à vous interroger, aussi peu disposée que jamais à répondre; portée à vous plaindre et pourtant heureuse, les yeux mouillés par ce qui les charmait. Dans un tel moment de confusion, dans cet état intermédiaire entre la mélancolie et l'enthousiasme, alors que l'imagination se sent plus libre, en ce clairobscur de l'âme, un cœur jeune et sensible se laisse prendre au fil de soie de l'amour 3.

Dans cette douce lumière de la fantaisie badine, le destin est sans orages. « Seigneur Paladin, déclare Zerbin, il y a des milliers d'Epictète qui n'ont pas été mis à l'épreuve; mais que le plus assuré ne provoque pas la nature ! Ce qui fait la vertu n'est souvent que pur hasard 4. »

A cette pantomime folâtre, à laquelle préside un amour arlequin, frivole et ironique, convient, au lieu des tons chauds de la volupté, la pénombre provoquante, « qui endort doucement la raison ». Le nu, ou plutôt la nudité, ne s'y montre que dans le chatoiement de l'eau, ou dans les reflets d'une tonnelle, non pas comme chair, mais comme « jeu badin de la nature » 5, comme une attrape des sens; elle est « tachetée de rose ou d'une blancheur de neige »; elle ondule à la surface d'un bassin ou se dérobe dans les fleurs6. La peinture cherche à capter l'imagination, à la conduire « dans le monde intermédiaire », dans « la douce mort qu'amour nous donne, pour nous réveiller à une vie plus belle »,

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