‹ C.M. Wieland, la formation et l'évolution de son esprit jusqu'en 1772Chapitre 380 sur 505 · H. XI, p · texte numérisé non relu

H. XI, p

3. Wieland ne suit pas sans réticence Winckelmann dans son sentiment mystique du beau (H. XI, p. 195) : « Dièse Empfîndung ist so fein, so geistig, dass sie mich vielleicht betriigen konnte; aber ich kann doch, ailes wohl iiberlegt, selbst dem bescheidenen Geist des Zweitels, den ich aus der sokratischen Schule geerbt habe, nicht so viel einraumen, dass ich seinen Bedenklichkeiten die Gewissheit meiner Empfmdung aufopfern sollte. »

4. H. XI, p. 88. Cf. Roth, I, p. 97 s. : W. se souvient d'une vierge de Guido Reni, qu'il a vue à Dusseldorf, devant laquelle il a senti « dass Venus und ihr ganzer Hof neben dieser wahrhaft gbttlichen, intellektuellen Schonheit nicht mehr Eindruck auf mich machen wiirde, als eine Phryne neben einer Panthea ».

la curiosité insouciante qui n'a pas d'objet, bref dans l'idéalisation de tous les sentiments qui embellissent l'existence? « Cythère ellemême reconnaîtra que c'est par vous qu'elle règne sur les cœurs. » C'est elle qui perpétue en effet le goût du jeu, qui anime la fantaisie et sauve la liberté des inclinations. Abolissant la contrainte, elle restitue à la vie son risque. C'est ainsi que, pour un Chaulieu ou un Voltaire, la jeunesse du monde ne se flétrit pas. « Voilà aussi ce que Musarion voulait apprendre à son élève. Comment pouvaiton ne pas l'entendre? 1 »

C'est, tout de même, dans les formes heureuses fixées sur les gemmes et les médailles de Pompéï 2, que sa rêverie eudémoniste ressuscitait la grâce païenne de l'époque où le héros jouait de la lyre, où Ménandre grandissait entre Théophraste et Glycère, où aucune prévention ne voilait la nature à Alcmène et à Zeuxis; de l'époque où l'artiste, à qui les Grâces s'étaient montrées sans ceinture, sur la rive fleurie du Céphise, osait se féliciter d'une telle faveur3. Les sens ne pourraient-ils retrouver cette fraîcheur et l'esprit cette légèreté? Pourquoi Wieland s'interdirait-il de laisser folâtrer les chastes déesses dans les bosquets du Parnasse, où l'une d'elles donnerait le jour au génie de la satire, tandis que l'autre, s'il faut en croire Homère, engendrerait avec le Sommeil les songes légers qui égaient la nuit des veuves et des vestales, puisque aussi bien « le ciel poétique a d'autres règles que celles qui régissent la morale humaine »? 4 Dans une nature déliée du contrôle rationnel, élevée à la majesté attrayante, à la noblesse sans faste d'un paysage du Poussin, l'esprit bannit le souci, la pudeur perd sa timidité et le devoir sa rigueur.

Voilà qui, certes, n'était pas fait pour rassurer les dévots. Si Kâstner ne prenait pas sans méfiance « une médecine présentée en de si jolis sachets », et s'il recommandait aux lecteurs et aux

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